Nations Unies
A/57/186
Assemblée générale
2 juillet 2002 - Cinquante-septième session
Point 24 de la liste préliminaire
Culture de paix
Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde
Application de la résolution 56/5 de l’Assemblée générale
Note du Secrétaire général
Le Secrétaire général transmet ci-joint le texte du
rapport que le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies
pour l’éducation, la science et la culture lui a soumis en
application de la résolution 56/5 de l’Assemblée générale en date du
1er novembre 2001.
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Résumé
Le présent rapport est soumis en application
de la résolution 56/5 de l’Assemblée générale en date du 5
novembre 2001, intitulée « Décennie internationale de la
promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au
profit des enfants du monde, 2001-2010 ». Il fait suite à deux
rapports du Secrétaire général (A/55/377 en date du 12
septembre 2000 et A/56/349 en date du 13 septembre 2001), qui
indiquent la stratégie générale à suivre pour appliquer le
Programme d’action en faveur d’une culture de la paix, énoncé
dans la résolution 53/243 B de l’Assemblée générale en date du
13 septembre 1999, et le programme d’activité de la Décennie
internationale.
Dans sa résolution 56/5, l’Assemblée générale
a réaffirmé que l’objectif de la Décennie internationale était
de donner un nouvel élan au mouvement mondial en faveur d’une
culture de paix après la célébration, en 2000, de l’Année
internationale de la culture de la paix et elle a engagé les
États Membres, l’Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et d’autres
entités compétentes de l’ONU, ainsi que la société civile, à
continuer à promouvoir une culture de paix dans les domaines
indiqués dans le Programme d’action susmentionné, dont
l’enseignement scolaire et non scolaire et l’éducation par le
canal des médias. L’Assemblée a également invité la société
civile, y compris les organisations non gouvernementales, à
adopter ses propres programmes d’activité et à communiquer au
Secrétaire général des informations sur les activités qu’elle
entreprend. Elle s’est en outre félicitée de ce que fait
l’UNESCO pour maintenir son dispositif de communication et de
mise en réseau, qui permet de s’informer instantanément des
faits nouveaux relatifs à la célébration de la Décennie.
Compte tenu de ce qui précède, le présent rapport se compose
de trois grandes parties, portant respectivement sur
l’application du Programme d’action en faveur d’une culture de
la paix, le rôle de la société civile et le dispositif de
communication et de mise en réseau susmentionné.
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Table des matières
I. Introduction
II. Application du Programme d’action en faveur d’une culture de la paix
-
Mesures visant à favoriser une culture de la paix au moyen de l’éducation
-
Mesures visant à promouvoir un développement économique et social durable
-
Promotion du respect de tous les droits fondamentaux
-
Assurer l’égalité entre hommes et femmes
-
Encourager la participation à la démocratie
-
Mesures destinées à faire progresser la compréhension, la tolérance et la solidarité
-
Mesures visant à encourager la communication participative et la libre circulation de l’information et des connaissances
-
Mesures visant à promouvoir la paix et la sécurité internationales
III. Le rôle de la société civile
IV. Dispositif d’information et de mise en réseau
V. Conclusions et recommandations
I. Introduction
1. Aujourd’hui plus que jamais, la notion de
culture de paix permet à l’humanité de faire face aux dangers et
défis auxquels elle est confrontée. Après les attentats du 11
septembre 2001, la Conférence générale de l’Organisation des Nations
Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a adopté
le 20 octobre 2001, à sa trente et unième session, la résolution 39
intitulée « Appel à une coopération internationale en vue de
prévenir et éliminer les actes de terrorisme », qui en souligne
l’importance capitale.
2. L’engagement que l’UNESCO a pris, en sa qualité
d’organisme chef de file de la Décennie internationale,
d’intensifier la promotion d’une culture de paix est défini dans sa
stratégie à moyen terme pour 2002-2007 (31 C/4). Les grandes
activités qu’elle a entreprises à cette fin sont clairement exposées
dans son programme et son budget pour l’exercice biennal 2002-2003
(31 C/5). La manière dont elle a intégré la notion de culture de
paix dans les huit domaines d’activité définis dans le Programme
d’action des Nations Unies en faveur d’une culture de la paix est
présentée dans une nouvelle brochure intitulée « UNESCO :
Mainstreaming the culture of peace », qui est désormais disponible
en anglais.
3. À cet égard, le Conseil d’administration de
l’UNESCO, à sa cent soixante-quatrième session, a adopté une
décision (164 EX/Décision 7.1.4), dans laquelle il a prié le
Directeur général de renforcer en particulier la promotion, à tous
les niveaux, de l’enseignement formel et non formel en vue de
favoriser une culture de la paix et de la non-violence et de
maintenir le dispositif de communication et de mise en réseau
offrant une information à jour sur la célébration de la Décennie à
l’échelle mondiale.
4. En ce qui concerne les manifestations spéciales
et les thèmes relatifs à la Décennie internationale, l’Assemblée
générale des Nations Unies a décidé, dans sa résolution 55/282, que
la Journée internationale de la paix serait observée chaque année le
21 septembre comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de
non-violence, conformément à la recommandation formulée dans un
rapport du Secrétaire général (A/55/377, par. 17). En outre, comme
il est indiqué dans le rapport du Secrétaire général faisant suite à
ce rapport (A/56/349, par. 28), chacune des années de la Décennie
sera placée sous le signe d’un thème prioritaire différent lié aux
domaines du Programme d’action. Les cinq premiers thèmes, qui ont
déjà été définis à l’occasion de certaines manifestations organisées
par l’ONU, sont les suivants :
- 2001 : Compréhension, tolérance et solidarité, thème choisi à
l’occasion de l’Année du dialogue entre les civilisations ;
- 2002 : Développement économique et social durable, thème
choisi à l’occasion du Sommet mondial pour le développement
durable, de l’Année internationale de l’écotourisme et de l’Année
des Nations Unies pour le patrimoine culturel ;
- 2003 : Communication participative et libre circulation de
l’information et des connaissances, thème choisi à l’occasion du
Sommet mondial sur la société de l’information ;
- 2004 : Respect des droits de l’homme, thème choisi à l’issue
de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation dans le domaine
des droits de l’homme ;
- 2005 : Égalité entre les sexes, thème choisi dans le cadre du
processus Beijing +10.
II. Application du Programme
d’action en faveur d’une culture de la paix
5. La présente section donne des exemples
d’activités menées essentiellement par l’UNESCO, avec la
participation d’autres organismes de l’ONU, de gouvernements et de
représentants de la société civile. Ces activités sont regroupées en
huit sections correspondant aux huit domaines d’activité du
Programme d’action.
A. Mesures visant à favoriser une
culture de la paix au moyen de l’éducation
6. Comme ils en ont été priés au paragraphe 6 de la
résolution 56/5 de l’Assemblée générale, l’UNESCO et le Fonds des
Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) doivent élaborer une stratégie
globale d’enseignement scolaire et non scolaire en faveur d’une
culture de la paix, mobiliser de nouveaux partenaires (organismes
des Nations Unies, société civile, organismes nationaux, etc.),
dégager un nouveau consensus sur les objectifs de la Décennie
internationale et se doter d’un mécanisme plus approprié de
coopération et de coordination aux fins de l’application effective,
aux niveaux national et international, du Programme d’action en
faveur de la paix. Parmi les activités menées par l’UNESCO à ces
fins, on mentionnera les activités ci-après.
7. Enseignement de la non-violence. Le programme
d’enseignement de la non-violence élaboré par l’UNESCO, qui donne
suite à son projet interrégional pour une culture de la paix et de
la nonviolence dans les établissements d’enseignement, lancé en 1996
dans la foulée du Plan d’action de Sintra, constitue un élément
crucial du programme d’activité de la Décennie internationale. Il
prévoit une série de cours de formation à la médiation et au
règlement des conflits par la non-violence à l’école et en dehors de
l’école et des réunions et entretiens préparatoires avec les
autorités pertinentes de pays de plusieurs régions (Europe centrale,
Moyen-Orient, Afrique), ainsi que de nombreuses activités visant les
jeunes et les enfants, notamment des jeux et la fabrication de
cerfs-volants de la paix. Il a donné lieu à la publication d’un
ouvrage intitulé « Les meilleures pratiques en matière de règlement
des conflits à l’école et en dehors de l’école » – à l’élaboration
duquel ont participé des partenaires de l’UNESCO (associations,
éducateurs en matière de paix, enseignants) et qui a été inséré dans
une pochette de documentation sur l’enseignement de la non-violence,
destinée aux enseignants et aux formateurs – ainsi que d’autres
ouvrages de référence.
8. Prix UNESCO de l’éducation pour la paix. Ce prix
annuel est décerné à une personne, une organisation ou un groupe qui
mène depuis plusieurs années une action remarquable,
internationalement reconnue, en faveur de la paix et, en
particulier, de l’enseignement de la paix. Il a notamment récompensé
Mère Teresa en 1992, l’Association des mères de la Place de mai
(Argentine) en 1999, le Centre judéoarabe pour la paix à Givat
Haviva (Israël) et l’évêque ougandais Nelson Onono Onweg en 2001 et
la City Montessori School en Inde en 2002.
9. Prix Pilier de la paix du Réseau des écoles
associées. Pendant l’Année internationale de la culture de la paix
(2000), le Réseau des écoles associées a été invité à participer à
l’Initiative du Prix Pilier de la paix.
10. Programme d’enseignement à l’intention des
enfants se trouvant dans une situation difficile. Rendre les
pouvoirs publics mieux à même de dispenser une éducation de base et
une formation professionnelle aux enfants des rues et aux enfants
qui travaillent et sensibiliser l’opinion publique à la situation de
ces enfants demeure l’un des grands objectifs de l’UNESCO.
11. Projets nationaux. L’UNESCO aide techniquement
les États membres à intégrer la culture de la paix dans leur système
d’enseignement (scolaire et non scolaire) à l’aide de projets
opérationnels portant sur : a) la formation des enseignants; b)
l’élaboration de matériaux pédagogiques; c) la révision des
programmes d’enseignement. La caractéristique principale de ces
projets est qu’ils sont exécutés sur place par des spécialistes
locaux et avec la participation active des populations locales et
des ONG nationales.
Albanie – Enseignement interculturel et
enseignement des droits de l’homme (cycles d’enseignement primaire
et secondaire). Le projet vise à renforcer les capacités du
Ministère de l’éducation et de l’Institut de formation pédagogique.
Amérique centrale – Enseignement des droits de l’homme et de la
démocratie en Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala,
Nicaragua et Honduras). Le projet contribue à l’élaboration de
politiques éducatives intégrant les valeurs et principes sur
lesquels se fondent les droits de l’homme et la démocratie.
Afrique australe – Enseignement des droits de l’homme et de la
démocratie (Mozambique, Namibie et Zimbabwe). Ce projet pilote
sous-régional vise à mieux sensibiliser l’opinion aux droits de
l’homme et à renforcer les processus et pratiques démocratiques dans
ces pays susmentionnés afin d’y favoriser le développement de la
démocratie.
Kosovo – L’UNESCO participe sur les plans technique
et financier à l’un des projets d’une organisation non
gouvernementale locale, le Centre kosovar pour les droits de
l’homme, qui consiste à dispenser une formation à la démocratie et
aux droits de l’homme à des enseignants kosovars et bénéficie de
l’appui de l’Agency for International Development des États-Unis
(USAID), de l’Organisation Plataforma x Kosova de Barcelone, de
l’Organisation Caritas Espagne et du Groupe finlandais pour les
droits de l’homme.
Mali – Enseignement d’une culture de la paix
et des droits de l’homme. Le Plan décennal en matière d’enseignement
adopté en 1998 par le Gouvernement malien a donné lieu à un
programme national d’enseignement d’une culture de paix et des
droits de l’homme, qui prévoit notamment la révision des manuels
scolaires, une formation des enseignants et l’élaboration de
documents pédagogiques.
B. Mesures visant à promouvoir un
développement économique et social durable
12. L’activité principale menée par l’UNESCO dans
ce domaine d’activité en 2002 a consisté à préparer le Sommet
mondial pour le développement durable de Johannesburg (Afrique du
Sud). L’UNESCO a contribué à la mise au point d’une vision intégrée
du développement durable centré sur l’être humain et fondé sur le
respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, la
solidarité, la dignité, le partage et l’équité. Son action dans ce
domaine s’inspire de six thèmes stratégiques et de propositions
d’action relevant du thème général de la lutte contre la pauvreté.
En ce qui la concerne, l’UNESCO a fait de la lutte contre ce fléau,
en particulier contre la pauvreté extrême, un des deux thèmes
intersectoriels de sa stratégie à moyen terme pour les six années à
venir. Parmi les activités menées par l’UNESCO dans ce domaine, on
mentionnera les suivantes. 13. Les réserves de la biosphère : un
instrument de négociation permettant de ménager des intérêts
divergents. Le Plan d’aménagement de la Boucle de Baoulé, qui sert
de modèle pour le règlement des conflits entre les éleveurs et les
agriculteurs, prévoit des couloirs de transhumance et un système de
gestion commune des pâturages. Son principe de base consiste à
définir des zones de réserve de la biosphère qui répondent au mieux
aux besoins de tous les protagonistes locaux (populations
sédentaires, éleveurs nomades) et permettent par là-même de
conserver et de gérer durablement les ressources naturelles, la
faune et la flore sauvages et le patrimoine archéologique. Approuvé
officiellement par le Gouvernement malien en novembre 1999, il
constitue, pour l’Opération d’aménagement du parc national de la
Boucle de Baoulé et des réserves adjacentes, un instrument de
négociation avec les donateurs grâce auquel elle devrait pouvoir
obtenir les 3 millions de dollars nécessaires à l’application du
Plan au cours des cinq années à venir.
14. Enseignement global interdisciplinaire dans le
domaine de l’environnement. Le projet en faveur de la Méditerranée
du Sud-Est a pour objectif de la faire mieux connaître et comprendre
et de promouvoir une culture de la paix entre les pays concernés en
élaborant des programmes d’enseignement et de formation
interdisciplinaires à l’intention des étudiants et des enseignants
et en transmettant des connaissances scientifiques et
environnementales à la population. Onze pays (Albanie, Bulgarie,
Croatie, Grèce, Israël, Italie, Jordanie, Malte, Roumanie, Slovénie
et Turquie) et l’Autorité palestinienne y participent activement. On
mentionnera, parmi les activités auxquelles il donne lieu,
l’organisation d’une école d’été biennale, activité d’échanges
interculturels propre à promouvoir la tolérance, le dialogue et la
compréhension mutuelle entre les enseignants et les étudiants de
différents pays.
15. Artisanats pour le développement durable.
Produits de traditions anciennes, les artisanats constituent une
source d’emplois et de revenus. Ils sont aussi un excellent moyen de
développement et d’autonomisation pour les femmes. L’importance des
artisanats féminins dans la lutte contre la pauvreté a amené
l’UNESCO à organiser une série d’ateliers créatifs à l’intention
d’artisanes travaillant dans la même sphère d’activité et la même
région géographique (les textiles en Amérique centrale, Afrique de
l’Ouest et Asie centrale, la poterie et la vannerie en Afrique
australe) afin d’encourager le développement du petit commerce
artisanal et donner aux artisanes une plus grande confiance en
elles-mêmes et une plus grande autonomie. Ces ateliers permettent de
comparer problèmes et solutions et d’élaborer des stratégies
communes dans un esprit de compréhension et de solidarité.
C. Promotion du respect de tous les
droits fondamentaux
16. L’UNESCO est appelée à jouer un rôle capital
dans l’élaboration, la mise en oeuvre et l’évaluation des projets
dans le cadre du Plan d’action en vue de la Décennie des Nations
Unies pour l’éducation dans le domaine des droits de l’homme
(1995-2004), en raison de sa longue expérience de l’enseignement, de
la pédagogie et des droits de l’homme et du fait qu’elle dispose
d’un réseau d’écoles, de clubs, des chaires des droits de l’homme et
de commissions nationales. L’UNESCO prépare actuellement une
nouvelle stratégie complète sur les droits de l’homme qui sera
examinée par son conseil d’administration en octobre 2003 et qui
porte sur : la prise en compte des droits de l’homme dans les
programmes de l’UNESCO; la recherche sur les droits de l’homme;
l’enseignement des droits de l’homme; la défense du respect des
droits de l’homme dans les domaines de compétence de l’UNESCO; et le
renforcement de la coopération, notamment avec le Haut Commissariat
des Nations Unies aux droits de l’homme. Certaines des initiatives
prises par l’UNESCO dans ce domaine sont décrites ici.
17. International Clearinghouse on Children and
Violence on the Screen (Centre d’information international sur les
enfants et la violence à l’écran). Le Centre d’information, établi
en 1997 par le Nordic Information Centre for Media and Communication
Research (Centre d’information des pays nordiques sur la recherche
sur les médias et la communication) (Nordicom) à l’Université de
Göteborg (Suède) et financé conjointement par le Gouvernement
suédois et l’UNESCO, informe les usagers – chercheurs, dirigeants,
journalistes, enseignants, organisations bénévoles et personnes
intéressées – de la recherche menée sur : les enfants, les jeunes et
la violence dans les médias; l’accès des enfants aux médias et
l’usage qu’ils en font; les connaissances médiatiques et la présence
des enfants dans les médias; et les mesures et activités
réglementaires ou non contraignantes existant dans ce domaine. Le
Centre s’attache en premier lieu à mettre en place un réseau
mondial. Un annuaire, un bulletin, plusieurs bibliographies et un
registre mondial d’organisations s’occupant des questions relatives
aux enfants et aux médias ont été publiés.
18. Conférences régionales sur l’enseignement des
droits de l’homme. Une série de conférences régionales sur
l’éducation aux droits de l’homme ont été organisées dans le cadre
du Plan d’action en vue de la Décennie des Nations Unies pour
l’éducation dans le domaine des droits de l’homme, l’objectif étant
de convaincre les dirigeants et le public de la nécessité de
promouvoir l’enseignement des droits de l’homme, de concevoir à cet
effet des plans nationaux et de les appliquer. La toute dernière de
la série, la Conférence régionale sur l’enseignement des droits de
l’homme en Amérique latine et dans les Caraïbes, a été organisée à
Mexico du 28 novembre au 1er décembre 2001 par l’UNESCO en
coopération avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits
de l’homme dans le cadre de la Décennie, et a donné lieu à la
Déclaration de Mexico.
19. Réseau d’institutions de recherche et de
formation sur les droits de l’homme. L’UNESCO continue de rechercher
la coopération des institutions de recherche et de formation sur les
droits de l’homme. La communication entre les organismes de défense
des droits de l’homme est facilitée par la publication bisannuelle
intitulée Répertoire mondial des institutions de recherche et de
formation sur les droits de l’homme, compilée à partir de données de
la base DARE du Centre de documentation des sciences sociales et
humaines de l’UNESCO, dans lequel quelque 670 instituts de 121 pays
sont répertoriés.
D. Assurer l’égalité entre hommes et
femmes
20. Pour mettre en oeuvre la Déclaration et le
Programme d’action de Beijing de 1995, l’UNESCO s’attache à : a)
intégrer l’égalité des sexes dans toute activité d’élaboration de
politiques, de programmation, d’exécution et d’évaluation; b)
promouvoir la participation des femmes à tous les niveaux et dans
tous les domaines d’activité, en veillant à ce que leurs priorités
et leurs points de vue soient pris en compte dans la définition des
objectifs et des moyens de développement; c) concevoir expressément
des programmes et activités en faveur des filles et des femmes, en
particulier ceux visant à promouvoir l’égalité des sexes et à
permettre aux intéressées de se doter de moyens d’action et
d’exercer pleinement leurs droits civiques. Certaines des
initiatives de l’UNESCO dans ce domaine sont décrites ici.
21. La socialisation au service des relations
d’égalité. Suite à la réunion d’un groupe d’experts de l’UNESCO
tenue en Norvège en 1997, dont les résultats ont été publiés dans
plusieurs langues en même temps que l’ouvrage Male Roles,
Masculinities and Violence (Du rôle des hommes, de la masculinité et
de la violence) (voir par. 22 ci-après), l’UNESCO a mis en place des
enseignements universitaires, des groupes de discussion et d’autres
activités et programmes en vue de réduire la violence chez les
hommes et de consolider les groupes de jeunes gens qui, conscients
des inégalités entre les sexes, luttent contre la violence, en
particulier la violence à l’égard des femmes. Un projet de recherche
intitulé « Gender, Peace and Development in the Caribbean » (Égalité
des sexes, paix et développement dans les Caraïbes) a été lancé en
2001.
22. Manuels et ouvrages de référence. Pour une
sensibilisation au sexisme, l’UNESCO a, avec la collaboration du
Forum des éducatrices africaines (FEA), conçu, mis à l’essai et
finalisé un manuel intitulé Promotion de la participation des femmes
à la résolution des conflits pour construire une culture de la paix.
On a commencé à traduire cet ouvrage dans plusieurs langues et à
donner une formation aux instructrices pour leur permettre d’assumer
leur rôle au service de la paix. L’UNESCO a publié en 2001 un
deuxième manuel intitulé Education for a Culture of Peace in a
Gender Perspective (Éducation pour une culture de paix soucieuse de
l’égalité des sexes), outil pédagogique réservé à l’usage des
enseignants des différents niveaux du système scolaire, en
particulier du niveau secondaire. Les ouvrages de référence Non à la
guerre, disent les femmes (1999), Towards a Women’s Agenda for a
Culture of Peace (1999) et Male Roles, Masculinities and Violence: A
Culture of Peace Perspective (2000) sont utilisés dans les
formations universitaires. Un séminaire interorganisations a
également donné lieu à la publication des « Meilleures pratiques
utilisées par les femmes pour régler les conflits par des moyens
traditionnels dans un esprit de non-violence ».
23. Le projet « Gender and culture of peace »
(L’égalité des sexes et la culture de la paix) (GENPEACE), lancé en
1998 en Indonésie, vise à promouvoir une culture de la paix et
l’égalité des sexes au sein des trois communautés (chrétiens,
musulmans et les lumads, un peuple autochtone) des zones touchées
par les retombées du conflit de Mindanao. Ce projet, qui a été
intégré au Programme Peace Literacy Education (Initiation à la
paix), est exécuté en parallèle avec le projet de la radio
communautaire Tambuli lancé aux Philippines par l’UNESCO et l’Agence
danoise de développement international (DANIDA), dont l’objet est
d’établir des stations radio locales afin de faire participer
davantage les collectivités, de les mobiliser et de communiquer avec
elles. GENPEACE a permis d’accroître la productivité des femmes et
leur capacité de contribuer à la subsistance de la famille et à
l’atténuation de la pauvreté. Les salles de classe sont devenues des
espaces de paix et de réconciliation.
E. Encourager la participation à la
démocratie
24. Comme il est énoncé dans sa stratégie à moyen
terme pour 2002-2007, l’UNESCO s’efforcera de contribuer à renforcer
la tendance croissante à l’action et à l’autonomisation au niveau
local, en particulier dans les domaines culturel, scientifique et
éducatif et plus généralement en ce qui concerne la création, la
sauvegarde, la diffusion et le partage des connaissances. Cela
permettra aux populations de faire valoir leurs spécificités face à
la mondialisation. Certaines des initiatives de l’UNESCO dans ce
domaine sont décrites ici.
25. La pratique de la citoyenneté. Ce coffret
pédagogique que l’UNESCO a fait paraître en anglais, en espagnol et
en français en 1998 contient des matériaux d’enseignement de base et
étend l’éducation civique à la paix, aux droits de l’homme, à la
démocratie, à la tolérance et à la compréhension internationale.
Certains de ces matériaux peuvent être utilisés par les enseignants,
et d’autres peuvent servir à la mise au point de matériels et de
programmes pédagogiques aux niveaux national et local. Par ailleurs,
un CD-ROM multimédia intitulé Educating for Citizenship
(Enseignement de la citoyenneté), produit en coopération avec
l’Education International, contient un glossaire, une bibliographie,
des directives et des instruments normatifs, diverses instructions
méthodologiques, plusieurs activités d’apprentissage et une
sélection de vidéos. Le coffret a été distribué à tous les États
membres de l’UNESCO et est demandé par beaucoup d’ONG,
d’institutions et de particuliers. Un certain nombre de publications
contenues dans le coffret ont été traduites dans d’autres langues
(finnois, lituanien, turc, albanais, bosnien, bengali, hindi,
indonésien) ou adaptées à l’environnement national ou local.
26. Prix UNESCO Villes pour la paix. Ce prix
récompense les villes qui ont réussi, en lançant des initiatives
spéciales, à renforcer la cohésion sociale, à relever les conditions
de vie dans les quartiers défavorisés et à établir un dialogue
interculturel constructif, tous éléments indispensables pour
l’instauration d’un climat urbain paisible et harmonieux. Les villes
candidates ont également la possibilité de faire partie du réseau de
l’UNESCO des Villes pour la paix, qui regroupe des municipalités et
des intervenants et partenaires compétents au niveau local. Ce
réseau permet d’identifier, d’homologuer et de diffuser
l’information sur les meilleures pratiques, les établissements de
financement, les stages, la recherche, etc. Le 18 mars 2002, à
Marrakech, le Prix UNESCO Villes pour la paix a été décerné à
Boukhara (Ouzbékistan), Charm el-Cheikh (Égypte), Cotacachi
(Équateur), Lubumbashi (République démocratique du Congo) et Vilnius
(Lituanie). Pour que les pratiques originales présentées par les
villes candidates acquièrent une portée internationale, l’UNESCO les
incorpore dans la base de données créée à cet effet, « The city:
network of cultures » (La ville, une mosaïque de cultures), qui est
ouverte à la consultation.
27. Radio communautaire. En finançant la mise en
place des médias communautaires, l’UNESCO entend donner surtout aux
groupes sociaux isolés ou défavorisés une chance de prendre part à
l’élaboration de stratégies et de projets qui promeuvent le dialogue
et l’esprit d’association au sein des collectivités. Le Community
Media Programme (Programme des médias communautaires) de l’UNESCO
vise à renforcer le rôle de la société civile dans la promotion,
l’instauration et la préservation des processus démocratiques dans
les pays. Afin de faire de la radio communautaire un outil de
communication efficace au niveau local, l’UNESCO s’emploie à donner
aux collectivités accès à l’Internet et à créer des bases de données
et des bibliothèques de proximité, mettant ainsi les nouvelles
technologies à la portée des populations rurales.
F. Mesures destinées à faire
progresser la compréhension, la tolérance et la solidarité
28. Comme cela est indiqué au paragraphe 4 du
présent rapport, en 2001, première année de la Décennie
internationale, les activités ont été essentiellement consacrées à
l’Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations.
Les mesures que l’UNESCO a prises dans ce domaine s’inscrivent dans
le cadre du Programme mondial pour le dialogue entre les
civilisations (résolution 56/6 de l’Assemblée générale) et du suivi
de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination
raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, tenue à
Durban, Afrique du Sud, en septembre 2001. De plus, la Conférence
générale de l’UNESCO, en adoptant une Déclaration universelle sur la
diversité culturelle à sa trente et unième session tenue en 2001, a
largement contribué à enrichir le concept d’une culture de la paix
dans ce domaine d’activité. En 2002, le thème du dialogue et de la
réconciliation a été retenu dans le cadre de l’Année des Nations
Unies pour le patrimoine culturel, pour laquelle l’Assemblée
générale a invité l’UNESCO à jouer un rôle de chef de file. Des
exemples des activités menées par l’Organisation dans ce domaine
sont décrits dans les paragraphes suivants.
29. Dialogue entre les civilisations. L’UNESCO a
joué un rôle important dans les préparatifs de l’Année des Nations
Unies pour le dialogue entre les civilisations et dans
l’organisation par l’Assemblée générale de réunions qui ont débouché
sur l’adoption du Programme mondial pour le dialogue entre les
civilisations. Elle a participé à la mise en oeuvre de ce programme
a) en organisant des rencontres importantes durant l’Année
internationale et en assurant une large diffusion des comptes rendus
de leurs travaux; b) en organisant des réunions de spécialistes,
d’universitaires et d’auteurs consacrées à divers aspects du
dialogue entre les civilisations; c) en participant et en apportant
son concours à de nombreuses manifestations et colloques organisés
par des organismes des Nations Unies, des organisations
internationales, régionales et sous-régionales, ainsi que par des
groupes d’universitaires, des centres de recherche et des
organisations de la société civile dans divers pays, d) en offrant
un appui et des conseils spécialisés et techniques aux États membres
qui prévoient d’organiser des activités liées au dialogue entre les
civilisations en 2002-2003, e) en participant à l’échange
d’informations avec des organisations régionales et sous-régionales,
telles que le Conseil de l’Europe, l’Union européenne,
l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe,
l’Organisation de la Conférence islamique, l’Organisation islamique
pour l’éducation, la science et la culture, l’Organisation de la
Ligue arabe pour l’éducation, la culture et la science, de même
qu’avec certains organismes des Nations Unies, tels que le Programme
des Nations Unies pour l’environnement et l’Université des Nations
Unies, et f) en tenant à jour un site Web spécial contenant d’amples
informations sur le thème du dialogue entre les civilisations.
30. Projets consacrés au dialogue interculturel.
Les projets interculturels de l’UNESCO valorisent le principe d’un
patrimoine culturel commun et d’une identité plurielle. Au nombre de
ces projets figurent notamment la campagne intitulée « Briser le
silence », qui a été lancée dans le cadre du Projet « La route de
l’esclave » et du Projet des écoles associées, la révision des
manuels scolaires en vue d’éliminer les stéréotypes et la
discrimination (projet « La route de l’esclave » et Programme
Méditerranée), la production de matériels pédagogiques destinés à
encourager l’échange de connaissances entre les différentes
confessions religieuses (Programme de dialogue interreligieux) et la
promotion de la compréhension interculturelle par le biais des
chaires UNESCO sur le dialogue interconfessionnel et interculturel
et des Instituts internationaux d’Asie centrale et de Mongolie.
31. Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion
de la tolérance et de la non-violence. En vue de mettre en pratique
le concept de la tolérance, conformément à la Déclaration de
principes sur la tolérance (1995) et au suivi donné à l’Année des
Nations Unies pour la tolérance, diverses initiatives sont
actuellement prises concernant notamment la proclamation d’une
Journée internationale de la tolérance (16 novembre), qui vise à
sensibiliser l’opinion grâce à des manifestations organisées chaque
année dans les écoles et dans les médias, et le Prix
UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la
non-violence qui sera décerné pour la quatrième fois en 2002. Les
précédents lauréats de ce prix ont été le Pape Chénouda III,
dirigeant de l’Église copte d’Égypte, Pape d’Alexandrie et
Patriarche du Siège de Saint-Marc (en 2000), les militants
antinucléaires du Comité d’action conjointe pour la défense des
droits des populations du Pakistan et M. Narayan Desai de l’Inde (en
1998), et le collectif Pro Femmes Twese Hamwe du Rwanda, présidé par
Veneranda Nzambazamariya (en 1997).
32. Déclaration universelle sur la diversité
culturelle. Le lien avec le domaine d’activité portant sur le
concept d’une culture de paix et sur « la compréhension, la
tolérance et la solidarité » est inscrit dans le préambule de la
déclaration, qui affirme que « la culture doit être considérée comme
l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels,
intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un
groupe social et qu’elle englobe, outre les arts et les lettres, les
modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs,
les traditions et les croyances », et que « le respect de la
diversité des cultures, la tolérance, le dialogue et la coopération,
dans un climat de confiance et de compréhension mutuelles, sont un
des meilleurs gages de la paix et de la sécurité internationales ».
Les principes de cette déclaration s’articulent autour de quatre
grandes parties dont trois sont liées au concept d’une culture de la
paix : identité, diversité et pluralisme, diversité culturelle et
droits de l’homme, diversité culturelle et solidarité
internationale. La Déclaration universelle sur la diversité
culturelle peut être retenue comme l’un des cadres d’action
existants dans le contexte du Programme d’action sur une culture de
la paix au titre des mesures destinées à « faire progresser la
compréhension, la tolérance et la solidarité » (résolution 53/243 B
de l’Assemblée générale, par. 14), ainsi que dans le contexte de la
Déclaration de principes sur la tolérance et de la Décennie
internationale des populations autochtones.
33. Réconciliation par le biais de projets
consacrés au patrimoine culturel. Dans sa résolution 56/8 du 21
novembre 2001, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé
2002 Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel et a invité
l’UNESCO à jouer le rôle de chef de file pour la célébration de
l’Année. Deux thèmes prioritaires ont été choisis pour l’Année : «
dialogue et réconciliation » et « développement », qui seront les
deux principaux thèmes de cette célébration. Parmi les activités qui
sont menées on peut notamment citer :
- Le projet intitulé Bosnie-Herzégovine – le vieux pont de
Mostar (Stari Most). Le vieux pont de Mostar, qui date de l’époque
ottomane en Bosnie- Herzégovine, a été détruit en 1993, durant la
guerre des Balkans. L’UNESCO a mis en train les plans en vue de sa
reconstruction et a associé toutes les communautés, c’est-à-dire
les anciens belligérants eux-mêmes, à ce projet.
- Le projet intitulé Angkor : symbole d’unité nationale. Les
monuments et les sites archéologiques du Cambodge, qui ont été
livrés à l’abandon et au pillage, ont failli être détruits. Lors
de la signature de l’Accord de paix de Paris en 1991, les
autorités nationales ont reconnu la richesse du patrimoine
culturel et son importance pour forger l’identité cambodgienne,
renforcer la cohésion sociale et contribuer au développement
économique.
- Le projet intitulé Un processus de consolidation de la paix en
Corée. L’UNESCO a pu instituer une coopération entre la République
populaire démocratique de Corée et la République de Corée grâce
aux fonds en dépôt de l’UNESCO pour la préservation du patrimoine
culturel et, notamment, des sépultures de Kokuryo en République
populaire démocratique de Corée. On compte que cette coopération
aidera à instaurer la compréhension et la confiance mutuelles
entre les deux pays.
G. Mesures visant à encourager la
communication participative et la libre circulation de l’information
et des connaissances
34. La Stratégie à moyen-terme de l’UNESCO (2002-
2007) comprend trois objectifs stratégiques et un thème commun ayant
trait à ce domaine d’activité : « Promouvoir la libre circulation
des idées et l’accès universel à l’information », « Promouvoir
l’expression du pluralisme et de la diversité culturelle dans les
médias et les réseaux d’information mondiaux », « Accès pour tous
aux technologies de l’information et de la communication, en
particulier dans le domaine public » et « le rôle joué par les
technologies de l’information et de la communication dans le
développement de l’éducation, de la science et de la culture, et
dans l’édification d’une société du savoir ». Ces thèmes figureront
en tête de l’ordre du jour du Sommet mondial sur la société de
l’information qui doit se tenir à Genève en décembre 2003. En outre,
il est rappelé au paragraphe 114 de l’objectif stratégique 6 de la
Stratégie à moyen-terme que l’UNESCO « doit jouer à fond son rôle de
fer de lance des efforts internationaux visant au progrès, au
transfert, au partage et à la diffusion des connaissances ». Au
nombre des activités menées par l’UNESCO dans ce domaine, on peut
citer, à titre d’exemple, les suivantes.
35. Liberté d’expression et des médias pour des
projets en faveur de la paix : appui aux médias en Afghanistan.
Formation en matière de radio/télévision. Un cours de formation
financé par l’UNESCO et destiné aux journalistes de la
Radio-Télévision afghane a été mis en train en février 2001.
L’Institut de l’Asie et du Pacifique pour le développement des
émissions radiophoniques a élaboré un plan d’action pour le
développement des ressources humaines dans le secteur des médias en
Afghanistan, qui porte sur un an, grâce à un financement de l’UNESCO
et d’autres partenaires, en particulier de l’Allemagne. Matériel de
télévision. La Radio-Télévision afghane (RTA) souhaite mettre en
oeuvre un type de programme destiné au grand public en vue de
favoriser la consolidation de la démocratie et une plus large
circulation de l’information. L’UNESCO apporte son concours en
fournissant du matériel de télévision mobile et des programmes
télévisés de qualité (160 heures de programmation) fournis
gratuitement par le réseau mondial public de télédiffusion CreaTV.
Colloque sur la liberté d’expression. L’UNESCO aide le Ministère de
l’information et de la culture à organiser, en automne 2002, un
colloque sur la liberté d’expression en vue d’examiner les
orientations futures des médias en Afghanistan et, notamment, de
revoir la législation sur la presse. Kabul Weekly. Le premier
journal indépendant du nouveau régime en Afghanistan a été lancé en
janvier 2002 dans quatre langues (anglais, français, pachtoune et
dari), avec un tirage de 2000 exemplaires, grâce à l’aide d’une ONG
française AÏNA et de l’UNESCO, qui ont fourni du matériel et un
appui en matière d’imprimerie. Agence de presse nationale. Comme les
autres médias dans le pays, l’agence de presse nationale se trouve
dans une situation très difficile. L’UNESCO a fourni du matériel
informatique et offert une formation aux membres du personnel pour
les aider à produire des documents de meilleure qualité et à lancer
un nouveau quotidien. La voix des femmes afghanes dans les médias
mondiaux. L’UNESCO a contribué à la création de cette association
professionnelle nationale (qui regroupe 60 femmes journalistes) et
offre une formation en matière de gestion d’ONG aux membres de son
secrétariat, ainsi que du matériel et autre assistance pratique.
Projet sur l’indépendance des médias afghans. L’UNESCO a également
financé ce projet mené par AÏNA, qui vise à créer des services
d’information à Kaboul et, notamment, un Centre afghan des médias et
de la culture mettant du matériel à la disposition des journalistes,
une Pépinière des médias fournissant un appui pour des projets sur
les médias indépendants, un centre de formation dans les secteurs de
l’informatique, des langues, du journalisme et de la photographie,
un service de production TV et du matériel d’imprimerie.
36. Centres multimédias communautaires. Afin de
combler le fossé numérique dans les collectivités les plus
défavorisées, les centres multimédias communautaires associent des
programmes de radio communautaire gérés par les populations locales
et diffusés dans les langues locales et des services de télécentre
communautaires tels que des ordinateurs équipés de l’Internet et du
courrier électronique, des téléphones, des télécopieurs et des
photocopieurs. Un premier projet a été lancé à titre expérimental
dans la région de Kothmale à Sri Lanka. Le succès remporté par la
stratégie lancée dans le cadre du projet Internet de Kothmale a
inspiré une série de projets qui sont actuellement mis en oeuvre en
Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. 37. Le
Réseau d’information sur une culture de la paix s’étend à d’autres
régions et à d’autres langues, offrant aux internautes la
possibilité de lire, d’écrire et de discuter des articles militant
en faveur des principes élémentaires d’une culture de la paix. Le
premier site disponible aux États-Unis, qui a été ouvert au
printemps 2002, est venu s’ajouter aux sites actifs ouverts en
Australie, au Japon et en Fédération de Russie. (Il est prévu que de
nouveaux sites en chinois, en français et en espagnol seront ouverts
au cours de l’année prochaine.)
H. Mesures visant à promouvoir la
paix et la sécurité internationales
38. « Améliorer la sécurité humaine par une
meilleure gestion de l’environnement et du changement social » est
l’un des 12 grands objectifs qui, avec le thème intersectoriel de
l’élimination de la pauvreté, résument les engagements en matière de
paix et de sécurité internationales pris par l’UNESCO dans sa
stratégie à moyen terme (2002-2007). On mentionnera à titre
d’exemple des activités qu’elle mène en la matière les activités
suivantes.
39. Renforcement de la sécurité. Le programme de
l’UNESCO intitulé « Violence, guerre et paix » traite de la
nécessité de renforcer la sécurité en prévenant les conflits à la
source à l’aide d’un réseau mondial d’établissements de recherche et
de formation pour la paix. Il vise à examiner la notion de sécurité
dans une perspective éthique, normative et éducative à la faveur de
réunions d’experts et d’une large réflexion et à y sensibiliser les
responsables politiques. En novembre 2000, la première Réunion
internationale des directeurs d’établissement de recherche et de
formation en matière de paix s’est tenue à Paris sur le thème « Que
faire pour assurer la sécurité de l’humanité au XXIe siècle? ». Elle
a notamment permis de créer le réseau international SecuriPax pour
la promotion de la sécurité et de la paix et d’organiser en 2001 des
réunions régionales d’experts sur la paix, la sécurité et la
prévention des conflits en Afrique, en Amérique latine et dans les
Caraïbes. Deux réunions de suivi de ces réunions auxquelles
participeront tous ceux qui s’occupent de la sécurité de l’humanité
sont prévues au cours de l’exercice biennal 2002-2003.
40. Programme régional pour un enseignement dans
les situations d’urgence. Ce programme a donné lieu à
l’organisation, en Somalie, en 2000, d’ateliers d’enseignement de la
paix dont ont bénéficié plus de 80 enseignants réfugiés éthiopiens
et somaliens des camps de réfugiés de Djibouti et des enseignants
somaliens des camps d’Aden et du Yémen. Ces ateliers, qui
s’appuyaient sur du matériel didactique relatif à la paix et ont été
organisés en coopération avec d’autres protagonistes, ont contribué
à promouvoir l’enseignement de la paix à trois niveaux, celui des
écoles, celui des communautés et celui du pays. L’école de réfugiés
d’Aden, qui est administrée par Radda Barnen (l’antenne suédoise de
l’organisation Sauvez les enfants) et dont les pratiques servent de
référence, a joué un rôle déterminant dans la sensibilisation des
élèves et des habitants de la ville. D’autres initiatives du même
type ont été lancées depuis 2000 dans la corne de l’Afrique et dans
la région des Grands Lacs, au Cambodge – au sein de l’ancienne
population khmer rouge de Koh Sla dans la province de Kampot –, et
en Algérie, dont un projet « sports pour la paix », une campagne de
sensibilisation à la nécessité de développer une culture de paix et
de protéger l’enfance, des activités d’éducation de base et de
développement local et d’autres activités tendant à prévenir les
conflits et à renforcer la paix.
41. Partage équitable de l’eau. L’UNESCO met en
oeuvre, dans le cadre du Programme mondial d’évaluation de l’eau
mené par l’ONU, un projet intitulé « From Potential Conflict to
Cooperation Potential » qui l’a amenée, en collaboration avec la
Croix-Verte internationale, à recenser les obstacles au partage
cohérent, équitable et écologiquement rationnel des ressources en
eau dans le monde, à définir des mesures d’incitation à cette fin et
à promouvoir les moyens d’y parvenir. Bien que le partage des
ressources en eau puisse être une source de conflits, il faudrait
renforcer et faciliter leur gestion commune dans la mesure où il
permet aux usagers de coopérer. Le projet « From Potential Conflict
to Cooperation Potential » a pour objectif premier d’encourager les
parties concernées à coopérer pour gérer les ressources en eau
qu’elles se partagent et d’atténuer les risques de conflit
potentiels. Il étudie l’expérience acquise et passe en revue les
instruments juridiques, de négociation et d’analyse des systèmes
afin de s’assurer qu’ils peuvent aider à résoudre les conflits liés
à l’eau. Des études de cas faisant état d’exemples de coopération
féconde donneront lieu à l’établissement de matériaux pédagogiques.
Les groupes cibles prioritaires du projet sont les institutions et
les personnes qui gèrent des ressources en eau partagées, notamment
les gouvernements, les organismes donateurs et de financement, les
éducateurs – à quelque niveau qu’ils interviennent – et les
responsables de la gestion des eaux, ainsi que les décideurs actuels
et futurs.
III. Le rôle de la société
civile
42. Au paragraphe 7 de sa résolution 56/5,
l’Assemblée générale a invité la société civile, y compris les
organisations non gouvernementales, à poursuivre et intensifier les
efforts qu’elle déploie pour réaliser les objectifs de la Décennie
internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et
de la paix au profit des enfants du monde en adoptant ses propres
programmes d’activité. Conformément à cette invitation, la
Conférence internationale des organisations non gouvernementales
(ONG) entretenant des relations officielles avec l’UNESCO, qui s’est
tenue à Paris du 12 au 15 décembre 2001, a adopté une résolution
intitulée « Plan d’action pour la Décennie internationale de la
promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit
des enfants du monde », qui comprend des propositions d’action à
l’intention de ses participants.
- Les ONG entretenant des relations officielles avec l’UNESCO
ont ainsi été encouragées à :
a) Échanger des informations et
des ressources concernant les huit domaines d’activité du Plan
d’action relatifs à la culture de la paix et mettre à jour leur
bourse Internet des informations en y faisant figurer
systématiquement les initiatives qu’elles prennent dans les huit
domaines en question;
b) Engager leur siège ou leurs antennes
locales à organiser des manifestations communes à l’intention des
enfants le 22 septembre de chaque année (résolution 55/282 de
l’Assemblée générale);
c) Continuer à diffuser à l’intérieur
de leur réseau le Manifeste 2000 des Nations Unies afin d’en faire
connaître le contenu éducatif et de populariser la culture de la
paix et, à cette fin, collaborer chaque fois que possible avec les
coordonnateurs de la Décennie et avec les États Membres de l’ONU;
- Le Comité de liaison a été invité à établir d’ici à la fin de
2004 une liste des monuments messagers d’une culture de paix et à
développer ainsi l’idée déjà concrétisée par la Fédération
mondiale des associations, centres et clubs UNESCO en Italie afin
d’encourager le grand public à assimiler la notion de culture de
paix, chaque ONG devant inscrire au moins un monument sur la
liste;
- Le Comité de liaison a été invité à organiser une conférence à
mi-parcours de la Décennie pour dresser le bilan du plan d’action
des ONG et à participer à l’établissement des rapports sur les
progrès accomplis dans le cadre de la Décennie, qui seront
présentés au Secrétaire général de l’ONU;
- La Conférence internationale des ONG a recommandé au Comité de
liaison de créer un groupe spécial qui serait chargé, tout au long
de la Décennie, d’appliquer les propositions conjointes tendant à
continuer à instaurer une culture de paix.
43. Le Plan d’action des ONG a été établi à la
suite de consultations organisées par le Comité de liaison de
l’UNESCO avec les ONG, pendant l’intervalle qui a séparé le Colloque
des ONG sur la culture de la paix intitulé « La culture de la paix :
une idée en action », tenu en 2000, de la Conférence internationale
des ONG entretenant des relations officielles avec l’UNESCO, tenue
en décembre 2001. Des ateliers thématiques ont été organisés dans le
cadre de chacun des huit domaines d’activité du Programme d’action
de l’ONU en faveur d’une culture de la paix, conformément aux
propositions d’action figurant dans la résolution.
44. Pour appliquer cette résolution, le Comité de
liaison de l’UNESCO avec les ONG a créé un groupe spécial et élaboré
un projet conjoint intitulé « Patrimoine culturel pour une culture
de la paix », qui doit permettre d’établir une liste des monuments
messagers de paix. Ce projet est conforme au plan d’action de
l’Année des Nations Unies pour le patrimoine culturel célébrée en
2002, qui prévoit pour l’essentiel des mesures en faveur du
développement, du dialogue et de la réconciliation. Certains
matériaux ont été établis pour permettre aux organisations
nationales et locales affiliées aux ONG internationales de recenser
les éléments du patrimoine local qui symbolisent la paix et de
prendre des initiatives à long terme les concernant. Il sera fait
état de ces initiatives sur le site Web « Culture de la paix », où
elles feront l’objet d’échanges d’informations dans le cadre de la
bourse des informations (voir sect. IV).
45. Les relations avec la société civile ont
continué à se développer au cours de la Décennie, au niveau national
par l’intermédiaire des coordonnateurs nationaux et au niveau
international par l’intermédiaire du Comité de liaison de l’UNESCO
avec les ONG et des comités pertinents du Siège de l’ONU. Les
militants du mouvement mondial en faveur de la paix ont été invités
à échanger des informations au sujet de leurs initiatives (les
manifestations aussi bien que les projets) au moyen du dispositif
d’information et de mise en réseau décrit ci-après, notamment à
rendre compte de ces initiatives et à les évaluer aux fins de
l’établissement du rapport à mi-parcours et des rapports finaux sur
la Décennie et son programme d’action qui doivent être présentés à
l’Assemblée générale.
IV. Dispositif d’information et
de mise en réseau
46. Le dispositif d’information et de mise en
réseau créé par l’UNESCO pendant l’Année internationale de la
culture de la paix, qui permet de dresser le bilan du mouvement
mondial en faveur de la paix, a été maintenu et sera mis à la
disposition des militants concernés tout au long de la Décennie. Le
site Web interactif créé par l’UNESCO sert de centre d’information
sur les activités menées dans le cadre de la Décennie et permet
d’échanger des informations et des ressources. Il sert aussi
d’instrument de promotion. Les principales données qui y sont
affichées, qui concernent les manifestations, les projets de longue
durée et les signatures recueillies par le Manifeste 2000, etc.,
sont mises à jour par les militants eux-mêmes via leur site Web
propre, qui est doté d’un numéro de compte Internet.
47. Les organisations internationales désireuses
d’utiliser le site Web « Culture de la paix » sont invitées à
demander un numéro de compte Internet aux coordonnateurs
internationaux (coordination de la culture de la paix de l’UNESCO et
comités de liaison de l’UNESCO et de l’ONU avec les ONG) – les
organisations nationales souhaitant elles aussi l’utiliser étant
invitées quant à elles à demander ledit numéro à un coordonnateur
national (Commissions nationales pour l’UNESCO ou bureaux régionaux
ou nationaux de l’UNESCO). La liste des coordonnateurs est affichée
sur le site Web. Le dispositif permet aussi une certaine
décentralisation puisque les organisations habilitées à se servir du
site Web sont autorisées à fournir un numéro de compte Internet à
leurs antennes nationales et locales. L’UNESCO continuera, pendant
la Décennie, à s’efforcer de rendre les coordonnateurs mieux à même
de se servir du site, ce qu’elle a déjà commencé à faire en
communiquant des directives aux coordonnateurs nationaux et
internationaux du monde entier.
48. En juin 2002, le nombre total des participants
locaux, nationaux et internationaux du mouvement mondial en faveur
de la paix inscrits sur le site Web « Culture de la paix »
s’établissait à 2 238 (soit 248 coordonnateurs, 235 organisations
internationales et 1 755 organisations nationales et locales
répartis dans 196 pays). Ils avaient inscrit 784 manifestations sur
le calendrier de la Décennie, échangé des informations sur 101
projets et rédigé 505 articles pour le bulletin d’information,
donnant ainsi une bonne idée de la mobilisation en cours au niveau
des pays et des réseaux d’organisations internationales. Des
signatures en faveur du Manifeste 2000 continueront à être
collectées pendant la Décennie. Elles viendront s’ajouter aux 75,2
millions recueillies sur le site Web, où 3 875 messagers du
Manifeste 2000 se sont par ailleurs inscrits.
49. Ainsi qu’il est indiqué dans le rapport du
Secrétaire général de l’ONU (A/56/349), on peut accéder à la bourse
des informations « Société planétaire » créée à l’intention de tous
les protagonistes via une nouvelle section du site « Culture de la
paix » intitulée « Échanges d’informations/projets et ressources ».
Cette bourse comprend, outre une section consacrée à la nature et
aux coordonnées des projets et une autre décrivant les activités
auxquelles ils donnent lieu, une troisième section indiquant les
ressources qu’ils offrent et celles qu’ils souhaiteraient recevoir
en échange. C’est donc un marché d’information en ligne sur les
initiatives en faveur d’une culture de la paix. Un moteur de
recherche permet de faire des recherches personnalisées à l’aide de
critères thématiques (domaines d’activité), géographiques
(continents ou pays) ou spécifiques (noms d’organisation ou de
projet) et par type de ressources fournies et/ou demandées
(informations/expérience, produits/services, financement, appui
institutionnel, contacts/réseaux, moyens de communication, services
bénévoles).
V. Conclusions et
recommandations
50. Le présent rapport constitue une contribution
préliminaire au rapport que le Secrétaire général présentera à
l’Assemblée générale à sa soixantième session, en 2005, sur la
célébration de la Décennie internationale de la promotion d’une
culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du
monde et l’application de la Déclaration et du Programme d’action en
faveur d’une culture de paix.
51. Les États Membres sont invités à élargir encore
les activités qu’ils mènent aux niveaux national, régional et
international en vue de promouvoir une culture de paix et de
non-violence et à fournir des informations sur ces activités à
l’UNESCO par l’intermédiaire de leurs coordonnateurs nationaux pour
la Décennie.
52. En ce qui concerne l’enseignement scolaire et
non scolaire d’une culture de paix, notamment par le canal des
médias, les institutions spécialisées, fonds et programmes des
Nations Unies, en particulier l’UNESCO et l’UNICEF, devraient
élaborer ensemble une stratégie commune.
53. Il faudrait inviter la société civile et, en
particulier les organisations non gouvernementales dotées du statut
consultatif auprès du Conseil économique et social, à adopter un
programme d’activité distinct analogue à celui des ONG dotées du
statut consultatif auprès de l’UNESCO qui ont adopté un plan
d’action pour la Décennie et invité leurs membres à lui donner suite
par le truchement de leurs antennes nationales et locales.
54. Il faudrait encourager l’UNESCO, non seulement
à maintenir en place, mais aussi à développer son dispositif
d’information et de mise en réseau en fournissant des informations à
jour sur les moyens de promouvoir le mouvement mondial en faveur
d’une culture de la paix. De même, il faudrait encourager les
militants locaux, nationaux et internationaux à fournir des
informations sur leurs activités et à les mettre à jour aux fins de
l’établissement du rapport que le Secrétaire général présentera en
2005.