Nations Unies
A/56/349
Assemblée générale
13 septembre 2001 - Cinquante-sixième session
Point 39 de l’ordre du jour provisoire
Culture de paix
Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde
Rapport du Secrétaire général
Table des matières
I.Introduction
II. Objectif de la Décennie
III. Mobilisation des États Membres, des organismes des Nations Unies et
de la société civile pendant l’Année internationale de la culture de
la paix
IV. Participation des États Membres au cours de la Décennie, notamment
des comités nationaux et des centres de coordination nationaux
V. Responsabilité de l’UNESCO en tant qu’organisation chef de file pour la Décennie
VI. Rôle des organes compétents des Nations Unies, en particulier du
Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Université pour
la paix.
VII. Diffusion de la Déclaration et du Programme d’action en faveur d’une
culture de la paix
VIII. Éducation pour une culture de la paix et de la non-violence.
IX. Rôle de la société civile
X. Rôle des médias et des nouvelles technologies de l’information et de
la communication
XI. Rapports sur la Décennie et sur l’application de la Déclaration et
du Programme d’action
I. Introduction
1. Dans un monde qui évolue rapidement et
profondément et qui est marqué par l’importance accrue accordée aux
questions d’éthique, une culture de paix offre aux générations
futures des valeurs susceptibles de les aider à forger leur destin
et à participer activement à la construction d’une société plus
juste, plus humaine, plus libre et plus prospère et d’un monde plus
pacifique.
2. La promotion d’une culture de paix doit devenir
une priorité du système des Nations Unies tout entier si l’on veut
surmonter les problèmes liés à une telle entreprise. La création du
système des Nations Unies proprement dit, fondée sur des valeurs et
des objectifs universels, était un acte de premier plan en faveur
d’une culture de paix. Les instruments internationaux adoptés sous
les auspices du système des Nations Unies, ainsi que les
déclarations et plans d’action émanant des récentes conférences
mondiales, témoignent de l’élaboration et de l’étoffement de normes,
de valeurs et d’objectifs qui sont largement partagés et qui peuvent
être considérés comme étant l’élément de base de la notion de
culture de paix, qui continue d’évoluer.
3. Le présent rapport est soumis conformément à la
résolution 55/47, intitulée « Décennie internationale de la
promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit
des enfants du monde, 2001-2010 », que l’Assemblée générale a
adoptée le 29 novembre 2000 et dans laquelle elle a prié le
Secrétaire général de lui présenter à sa cinquante-sixième session
un rapport sur l’application de cette résolution. Le rapport
comporte plusieurs sections correspondant aux paragraphes du
dispositif de la résolution. Sa table des matières s’appuie
largement sur le rapport du Directeur général de l’Organisation des
Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)
sur le chemin parcouru par cette organisation dans la mise en oeuvre
du Programme d’action sur une culture de la paix et sur la
coopération avec le système des Nations Unies dans ce domaine
(document 161 EX/17). Le Conseil exécutif de l’UNESCO a examiné le
rapport du Directeur général à sa cent soixante et unième session et
s’en est inspiré pour adopter la décision suivante :
Le Comité exécutif,
1. Ayant examiné le document 161 EX/17,
2. Réaffirmant la résolution 28 C/5.12 par
laquelle la Conférence générale reconnaît que la promotion d’une
culture de la paix est l’expression de la mission fondamentale de
l’UNESCO qui est « de contribuer au maintien de la paix et de la
sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture,
la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel
de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés
fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de
langue ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à
tous les peuples »,
3. Rappelant sa décision 155 EX/9.6 par
laquelle il invite les États Membres, les institutions du système
des Nations Unies, les autres organisations intergouvernementales et
les organisations non gouvernementales à célébrer l’Année
internationale de la culture de la paix en l’an 2000,
4. Constate avec satisfaction que l’UNESCO a
su réaliser au cours de l’Année internationale de la culture de la
paix une mobilisation planétaire avec la participation des États
Membres, des organisations intergouvernementales, de la société
civile et des innombrables individus qui se sont engagés à appliquer
les principes d’une culture de la paix dans leur vie quotidienne;
5. Félicite le Directeur général pour
l’ampleur et l’efficacité de l’ensemble des actions entreprises;
6. Note que l’UNESCO a été désignée par
l’Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution 55/47,
organisme chef de file de la Décennie internationale de la promotion
d’une culture de la nonviolence et de la paix au profit des enfants
du monde;
7. Invite les États Membres et tous les
partenaires de l’UNESCO à poursuivre et approfondir leur engagement
en faveur d’une culture de la paix au cours de la Décennie
internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et
de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010);
8. Encourage le Directeur général à
poursuivre son action de coordination et de mobilisation en faveur
de la culture de la paix, en collaboration avec l’Organisation des
Nations Unies.
II. Objectif de la Décennie
4. L’objectif de la Décennie internationale de la
promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit
des enfants du monde, tel qu’énoncé au paragraphe 1 de la résolution
55/47, est de donner un nouvel élan au mouvement mondial en faveur
d’une culture de la paix, après la célébration en 2000 de l’Année
internationale de la culture de la paix. Ce mouvement, prôné dans la
Déclaration et le Programme d’action sur une culture de la paix,
adoptés par l’Assemblée générale dans sa résolution 53/243 du 13
septembre 1999, est fondé sur des partenariats entre les différents
acteurs visés par la Déclaration, notamment les États Membres, la
société civile, le système des Nations Unies et les particuliers, un
rôle déterminant devant être joué par les parents, les enseignants,
les hommes politiques, les journalistes, les groupes et organismes
religieux, les intellectuels, les personnes participant à des
activités scientifiques, philosophiques, créatrices et artistiques,
les agents sanitaires et humanitaires, les agents sociaux, les
gestionnaires à tous les niveaux et les organisations non
gouvernementales. L’action de tous ces acteurs assurera la promotion
d’une culture de la paix dans les huit domaines ciaprès, mentionnés
dans le Programme d’action :
- Renforcement d’une culture de la paix par l’éducation;
- Promotion d’un développement durable sur les plans économique
et social;
- Promotion du respect de tous les droits de l’homme;
- Mesures visant à assurer l’égalité entre les hommes et les
femmes;
- Mesures visant à favoriser la participation à la vie
démocratique;
- Mesures visant à promouvoir la compréhension, la tolérance et
la solidarité;
- Mesures visant à soutenir la communication participative et la
libre circulation de l’information et des connaissances;
- Mesures visant à promouvoir la paix et la sécurité
internationales.
5. Dans son rapport sur la Décennie internationale
de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au
profit des enfants du monde (A/55/377), le Secrétaire général a
déclaré que « les orientations du Programme d’action en faveur d’une
culture de la paix définies ci-dessus correspondaient toutes à des
secteurs prioritaires de l’action de l’Organisation des Nations
Unies depuis sa fondation; ce qui était nouveau, c’était qu’elles
étaient désormais associées les unes aux autres en un ensemble
conceptuel cohérent, celui d’une culture de la paix et de la
non-violence. Certes, l’Organisation des Nations Unies avait souvent
lié de grands secteurs thématiques (par exemple la démocratie, le
développement et la paix, ou encore l’égalité entre les femmes et
les hommes, le développement et la paix). Mais c’était la première
fois que tous les secteurs de son action étaient intégrés les uns
aux autres en un cadre unique, propre à maximiser leurs
complémentarités et leurs synergies » (par. 3).
III. Mobilisation des États Membres, des organismes des Nations Unies et de la société civile
pendant l’Année internationale de la culture de la paix
6. Les progrès d’une campagne mondiale pouvant se
mesurer en termes de valeurs partagées et d’actions concrètes, mais
aussi au niveau de la « prise de conscience » des participants, la
stratégie de l’Année internationale prévoyait :
- Le lancement d’une campagne de sensibilisation du public
fondée sur les valeurs universelles d’une culture de la paix;
- La promotion par un large éventail de partenaires (États
Membres, organismes des Nations Unies et société civile) d’actions
(événements à court terme et projets à long terme) en faveur d’une
culture de la paix;
- La mise au point d’instruments de communication et
d’information qui fassent sentir aux participants qu’ils jouent un
rôle important dans la mise en oeuvre d’une campagne mondiale,
efficace et de longue haleine visant à promouvoir une culture de
la paix.
7. La campagne de sensibilisation du public
s’appuyait sur le Manifeste 2000, signé pendant l’Année
internationale par plus de 1 % de la population mondiale. Le
Manifeste a été rédigé en 1999, en prévision de l’Année
internationale, par des lauréats du prix Nobel de la paix qui se
sont inspirés des résolutions pertinentes de l’ONU. Les six points
sur lesquels porte le Manifeste correspondent, pour l’essentiel, aux
six valeurs jugées essentielles pour les relations internationales
au XXIe siècle, telles que mentionnées dans la Déclaration du
Millénaire figurant dans la résolution 55/2 de l’Assemblée générale,
en date du 8 septembre 2000, à savoir : la liberté, l’égalité, la
solidarité, la tolérance, le respect de la nature et le partage des
responsabilités. Le Manifeste 2000 transpose les principes de base
d’une culture de la paix, tels qu’ils ressortent de la langue et des
préoccupations de la diplomatie internationale, dans le langage et
les comportements de la vie de tous les jours :
- Le respect de toute vie. Respecter la vie et la dignité de
tout être humain sans discrimination ou préjudice.
- Le rejet de la violence. Pratiquer activement la non-violence,
rejeter la violence sous toutes ses formes : physique, sexuelle,
psychologique, économique et sociale, en particulier celle qui
s’exerce à l’encontre des plus défavorisés et des plus
vulnérables, tels que les enfants et les adolescents.
- Le partage avec autrui. Partager son temps et ses ressources
matérielles dans un esprit de générosité pour mettre un terme à
l’exclusion, l’injustice et l’oppression politique et économique.
- L’écoute axée sur la compréhension. Défendre la liberté
d’expression et la diversité culturelle en privilégiant toujours
le dialogue et l’écoute, plutôt que de se laisser aller au
fanatisme, au dénigrement et au rejet de l’autre.
- La préservation de la planète. Promouvoir un comportement de
consommateur responsable et des pratiques de développement qui
respectent toutes les formes de vie et préservent l’équilibre
naturel de la planète.
- La redécouverte de la solidarité. Contribuer au développement
communautaire avec la pleine participation des femmes et dans le
respect des principes démocratiques, afin de créer ensemble de
nouvelles formes de solidarité.
8. Traduit dans plus de 50 langues et signé par de
nombreux chefs d’État et de gouvernement, le Manifeste 2000 a été
diffusé dans le monde entier afin de recueillir les signatures de
tous ceux qui s’engageaient à en appliquer les principes dans leur
vie quotidienne. Suite à cette campagne, à la fin de l’Année
internationale, l’UNESCO avait recueilli par le biais de son réseau
plus de 74 millions de signatures. Ces signatures sont venues du
monde entier. Plus d’un million de signatures ont été recueillies
dans chacun des pays suivants : Brésil, Colombie, Inde, Japon,
Kenya, Népal et République de Corée. Des précisions concernant la
collecte des signatures sont disponibles sur le site Web www.unesco.org/cp,
notamment des données détaillées portant sur les 20 pays ayant
recueilli chacun plus de 100 000 signatures.
9. Un large éventail de matériel promotionnel et
médiatique a été élaboré et distribué ou diffusé à l’occasion de
l’Année internationale, notamment un spot télévisé dans lequel les
photographies de lauréats du prix Nobel de la paix illustraient les
six points du Manifeste, des spots radio, des pages de publicité
dans les journaux, des affiches, des brochures, des épinglettes, des
tee-shirts, des drapeaux, des cartes postales et autres matériels
imprimés. À la suite d’un appel international et d’un concours qui
ont donné lieu à plusieurs centaines de propositions, on a choisi un
logo reprenant l’un des slogans de la campagne « Peace is in our
hands » (« cultivons la paix » et « cultivemos la paz » en français
et en espagnol, respectivement). Les slogans et les logos ont donné
une identité visuelle au mouvement en faveur d’une culture de la
paix et continuent à être largement diffusés et reproduits sous
diverses formes dans le monde entier.
10. Le matériel destiné aux médias (spots
télévisés, spots radio et coupures de presse) a été traduit et
diffusé par les médias nationaux dans plus de 100 pays, à compter du
premier jour de l’Année internationale, le 19 septembre 1999, avec
le concours des commissions nationales pour l’UNESCO et des bureaux
hors Siège de l’Organisation. En France, pour ne citer qu’un
exemple, les médias ont offert à la campagne des espaces
publicitaires d’une valeur estimée à 6 millions de francs français.
11. Le point culminant de la campagne médiatique a
été le lancement simultané de l’Année internationale dans plus de
100 pays le 14 septembre 1999, date qui coïncidait avec celle de la
Journée internationale de la paix et du jour d’ouverture de la
session de l’Assemblée générale. Ce même jour, dans de nombreux
pays, les chefs d’État ou de gouvernement ont présidé des cérémonies
et des manifestations publiques et assisté à des conférences de
presse. Le 19 septembre 2000, Journée internationale de la paix, le
bureau de l’UNESCO à New York a organisé une cérémonie au cours de
laquelle la liste des signataires du Manifeste 2000 a été
symboliquement remise au Président de l’Assemblée générale par les
jeunes de certains des pays ayant recueilli la plupart des
signatures (Brésil, Colombie, Inde, France et Japon).
12. Conformément à la stratégie proposée dans le
Programme d’action en faveur d’une culture de la paix, des
partenariats pour l’Année internationale de la culture de la paix
ont été établis aux niveaux national et international avec les États
Membres, la société civile et l’Organisation des Nations Unies. Ce
système de partenariats comporte deux réseaux parallèles, dont l’un
s’appuie sur des centres de coordination nationaux et l’autre sur
les organisations internationales.
13. Durant l’Année internationale, l’UNESCO a mis
au point des outils de communication et d’information s’appuyant sur
l’Internet pour permettre aux particuliers et aux organisations de
sentir que leurs activités jouent un rôle important dans le
déroulement d’une campagne mondiale, efficace et à long terme visant
à promouvoir une culture de la paix. Le site Web destiné au public
www.unesco.org/iycp contenait des informations
régulièrement mises à jour concernant les partenaires et les
événements et les projets qu’ils organisaient, ainsi que des
articles consacrés à ces activités. Les centres de coordination
nationaux et les partenaires des ONG internationales diffusaient
directement des informations sur un site Internet « privé » www.unesco.org/iycptec auquel ils avaient accès
grâce à un code personnalisé. Ces informations étaient directement
transférées au site public. Ce système Internet, qui met un grand
nombre de renseignements fiables à la disposition du public,
moyennant un travail d’édition minimal effectué au siège de
l’UNESCO, sera maintenu pendant la Décennie.
14. Au niveau national, la participation des États
Membres et de leurs sociétés civiles était assurée grâce à un réseau
de centres de coordination nationaux regroupant 160 commissions
nationales pour l’UNESCO et plus de 50 bureaux hors siège de
l’Organisation. Plus de 1 500 de ces partenaires nationaux et locaux
sont inscrits sur le site Web, notamment 488 ONG ou associations
nationales, 266 écoles (dont certaines font partie du système des
écoles associées de l’UNESCO), 250 ONG ou associations locales (y
compris les clubs UNESCO), 185 universités, 109 entreprises, 87
organismes des Nations Unies, 72 organisations de médias, 62
autorités ou organismes nationaux ou régionaux et 48 villes ou
autorités locales. Plus de 300 articles consacrés aux activités
menées dans 138 pays sont affichés par les centres de coordination
nationaux sur le site Web, notamment 81 articles émanant d’Europe et
d’Afrique du Nord, 69 d’Afrique, 76 d’Amérique latine, 63 d’Asie et
du Pacifique et 32 des États arabes. Outre cette information,
l’action menée dans certains pays fait l’objet d’un affichage sur le
site Web et dans les publications des commissions nationales pour
l’UNESCO et des bureaux hors siège de l’Organisation, dans les
langues nationales concernées.
15. Pour faire intervenir la société civile au
niveau international, un accord type de partenariat a été établi par
le Comité de liaison ONG-UNESCO et distribué aux ONG internationales
associées à l’UNESCO, au Conseil économique et social et au
Département de l’information du Secrétariat de l’ONU. Des accords de
partenariat ont été signés par 180 ONG internationales. En
mobilisant leurs réseaux nationaux, celles-ci ont assuré la
publicité de l’Année internationale, recueilli des dizaines de
millions de signatures pour le Manifeste 2000 et organisé des
centaines de manifestationsphares et de projets en faveur d’une
culture de la paix. Des articles concernant ces initiatives sont
publiés sur le site Web susmentionné. Nombre de ces organisations
ont consacré des sections de leur propre site Internet et de leurs
publications imprimées à l’Année internationale et à leurs activités
à ce sujet.
16. Les ONG internationales ont analysé les actions
de l’Année internationale et les perspectives de la Décennie lors
d’un colloque qui s’est tenu les 24 et 25 novembre 2000 au siège de
l’UNESCO. Organisé par le Comité de liaison avec les ONG, ce
colloque, au cours duquel le Directeur général de l’UNESCO a pris la
parole, réunissait plus de 400 participants représentant plus de 130
ONG. Le résumé des travaux des huit ateliers du colloque,
correspondant aux huit points du Programme d’action des Nations
Unies, est disponible sur le site de l’Année internationale. Leurs
conclusions ont posé les bases du programme des ONG pour la
Décennie. Ce colloque s’accompagnait d’un forum sur l’Internet et
d’une exposition qui présentait les réalisations et les activités
des divers partenaires de l’Année internationale, tant au niveau
national qu’international.
17. Qu’il s’agisse de manifestations phares ou de
projets à plus long terme en faveur de la culture de la paix, de
nombreuses initiatives ont été prises au cours de l’année par les
réseaux susmentionnés de partenaires institutionnels de l’UNESCO,
d’organismes des Nations Unies et d’organisations nationales et
locales : manifestations et projets de portée nationale, réunions,
ateliers, conférences, programmes de formation, initiatives en
milieu scolaire, concerts et spectacles, événements sportifs,
matériels et jeux pédagogiques, conférences de presse, camps de
jeunesse, festivals et défilés, croisières et campagnes pour la
paix, concours et expositions artistiques, publications,
communications dans les médias et sur les sites internet. Une masse
considérable d’informations, trop abondantes pour figurer dans le
présent rapport, est disponible sur le site officiel de l’Année
internationale.
18. Il faut mentionner en particulier la
mobilisation de l’ensemble du réseau du projet des écoles associées
de l’UNESCO au niveau des salles de classe, terrains de jeu, écoles
et espaces communautaires et son action promotionnelle en faveur du
Manifeste 2000 dans le cadre de l’Année internationale. Entre autres
activités pédagogiques, outre les nombreuses manifestations et
rencontres internationales d’étudiants et d’enseignants des écoles
associées, on retiendra le concours international de dessins animés
« Cartoon 2000 Contest » organisé en collaboration avec le Conseil
international du cinéma, de la télévision et de la communication
audiovisuelle et la production et la diffusion d’affiches
calendriers et d’une version actualisée de la mallette de la paix.
Un prix spécial dit des « piliers de la paix » sera décerné à
certaines écoles du réSEAU pour leur travail exemplaire en faveur
d’une culture de la paix. Dans l’Europe du Sud-Est, le projet pilote
« Solutions pacifiques pour sortir d’un conflit par le biais de
l’éducation » (PACE) lancé en juillet 2000 devrait rassembler les
écoles associées de la sous-région pour réaliser des projets
conjoints et élaborer des partenariats en faveur de la paix et de la
gestion des conflits.
19. Pour réaliser l’objectif à long terme de
l’éducation pour une culture de la paix, l’UNESCO a entrepris
d’aider les États Membres à élaborer des plans et programmes
nationaux d’éducation pour une culture de la paix. Cette aide porte
sur les programmes de formation des enseignants et la refonte des
programmes dans la perspective des droits de l’homme, de la paix, de
la démocratie, de l’éducation civique, de l’éducation pour la
non-violence, la tolérance et la compréhension internationale et du
respect de la diversité linguistique et culturelle, l’accent étant
mis en particulier sur les plans nationaux d’éducation relative aux
droits de l’homme.
20. Afin de contribuer à l’Année internationale
pour la culture de la paix, un grand nombre de partenaires parmi
lesquels figurent des ONG actives dans le domaine de l’éducation
(Civitas, International Education, Mouvement scout mondial, etc.)
des universités, des chaires UNESCO et des agences de coopération
(Italian Cooperation, Agence danoise d’aide au développement, Agence
norvégienne de coopération pour le développement) ont produit et
diffusé des matériels pédagogiques relatifs à la culture de la paix
: livres, brochures, jeux matériels, audiovisuels, sites Internet,
manuels, de formation des maîtres, trousses et ensembles
pédagogiques souvent dans les langues locales et fréquemment
associés au message du Manifeste 2000. De leur côté, les jeunes ont
aussi produit des matériels pédagogiques, à l’occasion notamment de
concours artistiques, photographiques ou littéraires, de séminaires
et conférences d’étudiants, de débats et de camps de vacances.
21. La contribution des femmes à une culture de la
paix a fait l’objet de nombreuses réunions et publications au cours
de l’Année internationale. Tant au niveau national que
sous-régional, l’Année a été marquée par de nombreuses activités de
suivi (réunions, stages de formation et publications) de la
Conférence panafricaine des femmes pour une culture de la paix
organisée à Zanzibar en mai 1999. Des études ponctuelles sur le
comportement et l’expérience des femmes en matière de construction
de la paix ont été entreprises au Burundi, au Cameroun, en
République centrafricaine, en Namibie, en Sierra Leone, en Somalie
et en Tanzanie et ont permis d’élaborer un module de formation qui
s’inspire en partie de ces travaux. La conférence régionale
intitulée « Les femmes d’Asie pour une culture de la paix »,
organisée par le Gouvernement de la République socialiste du Viet
Nam avec le concours de l’UNESCO et la Commission économique et
sociale pour l’Asie et le Pacifique a réuni à Hanoi en décembre 2000
les représentants de 35 pays.
22. Dans le cadre de l’Année internationale de la
culture de la paix, plusieurs projets nationaux mobilisateurs ont
été lancés. De tels projets sont en voie de réalisation au Cambodge,
au Guatemala, au Mali et en Fédération de Russie.
23. Au Cambodge, conformément à une recommandation
de la Conférence nationale sur la culture de la paix réunie à Phnom
Penh les 10 et 11 décembre 1999, une étude a été entreprise sur les
meilleures pratiques, tant traditionnelles que novatrices, de
prévention et de résolution des conflits au Cambodge. La première
phase de ce travail, réalisée en liaison avec le Bureau de l’UNESCO
à Phnom Penh, concerne les zones rurales situées aux frontières du
Viet Nam et de la Thaïlande.
24. Au Guatemala, le projet national « Culture de
la paix au Guatemala », réalisé par l’UNESCO et le Ministère de
l’éducation guatémaltèque avec un financement du Gouvernement
italien a associé les écoles, les municipalités, les associations de
jeunes et l’opinion publique en général à des débats et activités
diverses. Outre le rôle actif joué dans la campagne de signatures du
Manifeste 2000, voici quelques-unes des activités et manifestations
consacrées au thème de la culture de la paix dans le cadre de ce
projet : le mouvement « Promotion 2000 », avec la participation de
plus de 5 000 étudiants en fin d’études; des séminaires de formation
à l’intention des enseignants, des militants de la paix et des «
agents multiplicateurs »; des propositions s’inscrivant dans le
cadre de la réforme des programmes de l’éducation nationale; la
rencontre annuelle des membres de la Fondation pour la jeunesse; la
réunion « La jeunesse guatémaltèque pour une culture de la paix à
l’aube du nouveau millénaire » en liaison avec le Mouvement des
jeunes pour la paix et la démocratie et le Festival annuel de la
jeunesse de Xela.
25. Au Mali, le lancement du projet mobilisateur
national en mars 2000 marquait le quatrième anniversaire du « Bûcher
de la paix », cérémonie historique au cours de laquelle des armes
furent symboliquement brûlées pour marquer la fin des dissensions
internes qui avaient déchiré le pays. Entre autres activités de
projet réalisées au cours de l’Année internationale figurait une
étude sur la conception de la paix et des droits de l’homme au Mali
par le Comité directeur du Programme national d’éducation pour une
culture de la paix et des droits de l’homme (décret 98-401 de
décembre 1998). En outre, en collaboration avec le Comité directeur,
le bureau hors siège de Bamako et le Ministre de l’éducation
nationale du Mali, l’UNESCO a consacré un séminaire à ce travail.
26. Le projet pilote « Culture de la paix en Russie
en l’an 2000 » a connu un grand succès et suscité un intérêt
considérable dans tout le pays. De nombreuses initiatives ont été
menées par la société civile avec la participation des villes et
régions de Moscou, Saint- Pétersbourg, Kazan, Naltchik,
Ekaterinbourg, Novossibirsk, Vladivostok, Volgograd, Tomsk,
Birobidjan, Iaroslavl, Ufa, Derbent, Borisoglebsk, Novotcherkassk,
Stavropol, Piatigorsk, Samara, Syktyvkar, Omsk, Elabuga et Iakutsk.
Surtout, le projet a jeté les bases d’un programme fédéral sur la
tolérance de la lutte contre l’extrémisme dans la société russe.
L’expérience acquise par ce projet pilote et les nombreuses
publications qu’il a suscitées pourront s’avérer utiles dans
d’autres pays.
IV. Participation des États Membres au cours de la Décennie, notamment des comités nationaux et
des centres de coordination nationaux
27. Le mode de participation des États Membres
pendant la Décennie devrait être conforme à la stratégie définie
dans le rapport du Secrétaire général mentionné plus haut au
paragraphe 5. Cette stratégie comporte deux aspects principaux :
éducation pour une culture de la paix qui place les enfants « au
centre d’intérêt de la Décennie » et stratégie d’organisation du
Mouvement mondial qui met l’accent sur les partenariats et les
nouvelles technologies de l’information.
28. Chacune des années de la Décennie sera placée
sous le signe d’un thème prioritaire différent. L’Année des Nations
Unies pour un dialogue entre les civilisations constitue le thème de
la première année. Les cinq premiers thèmes ont déjà été décidés en
consultation avec les États membres et d’autres partenaires et il
reste à décider des cinq autres thèmes. Outre le thème de la
compréhension, de la tolérance et de la solidarité choisi pour
l’Année des Nations Unies pour un dialogue entre les civilisations
en 2001, les autres thèmes retenus sont les suivants:
- 2002 : développement économique et social durable, dans le
cadre de Rio 10 ans après et de l’Année internationale de
l’écotourisme;
- 2003 : communication participative et libre circulation de
l’information et des connaissances, dans le cadre de la Conférence
mondiale sur la communication;
- 2004 : respect des droits de l’homme, dans le cadre de la fin
de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation dans le domaine
des droits de l’homme;
- 2005 : égalité entre hommes et femmes, dans le cadre de
Beijing+10.
29. Les commissions nationales et les bureaux hors
siège de l’UNESCO ont constitué un réseau efficace de centres de
liaison au cours de l’Année internationale, permettant de mobiliser
et de coordonner les actions menées au niveau national. Le Directeur
général de l’UNESCO a adressé un message aux commissions nationales
et aux bureaux hors siège de l’Organisation, pour les féliciter de
ce résultat et les inviter à poursuivre leur travail pendant la
Décennie, et nombreux sont ceux qui ont déjà exprimé leur intérêt et
se sont déclarés prêts à continuer. Un certain nombre de comités
nationaux ont été créés à l’occasion de l’Année internationale,
associant la Commission nationale et le bureau hors siège de
l’UNESCO (dans certains pays), ainsi que des représentants d’autres
institutions gouvernementales, du système des Nations Unies et de la
société civile. Ces comités devraient être maintenus au cours de la
Décennie et pourraient également servir de modèle pour d’autres
pays; la participation des jeunes devrait faire l’objet d’une
attention particulière.
30. Au cours de la Décennie, il faudrait maintenir
et élargir la participation au mouvement mondial d’associations
nationales et locales, d’universités, d’écoles, de municipalités, de
groupes parlementaires, d’organisations et d’entreprises des médias
par l’intermédiaire des centres de liaison de chaque pays, en
facilitant leur participation à des événements à court terme et des
projets à long terme en faveur d’une culture de la paix. Il faudrait
accorder une importance particulière à la participation des
organisations de jeunes et des villes, des municipalités et des
parlements nationaux en les encourageant à élaborer des plans
d’action et des lois en faveur d’une culture de la paix et de la
non-violence.
V. Responsabilité de l’UNESCO en tant qu’organisation chef de file pour la Décennie
31. En tant qu’organisation chef de file pour la
Décennie, l’UNESCO est chargée de coordonner les activités des
organismes des Nations Unies en vue de promouvoir une culture de la
paix, ainsi que d’assurer le lien avec les autres organisations
concernées. En ce qui concerne ses propres activités, l’UNESCO a
placé la culture de la paix au centre de son projet de Stratégie à
moyen terme pour la période 2002-2007, comme indiqué au paragraphe 2
du document 31C/4 présenté à la Conférence générale de
l’Organisation, à sa trente et unième session, en octobre 2001 : «
L’engagement qu’a pris l’UNESCO de promouvoir une culture de la paix
dans tous ses domaines de compétence est plus pertinent que jamais
face aux conflits internes ou inter-États qui se prolongent ou qui
éclatent et à l’apparition de nouveaux types de risques sociaux
auxquels les populations civiles paient un lourd tribut et qui
aggravent la vulnérabilité de bien des sociétés ». Les contributions
des secteurs et des bureaux hors siège de l’UNESCO à une culture de
la paix seront associées à des informations concernant les
initiatives de partenaires de l’Organisation, permettant ainsi une
plus grande interaction.
32. En tant qu’organisation chef de file pour la
Décennie, l’UNESCO assumera les tâches suivantes:
- Coordination des activités des commissions nationales, comités
nationaux et bureaux hors siège de l’UNESCO en tant que centres de
la mobilisation au niveau national, ce qui implique notamment une
aide au développement des capacités d’utilisation des systèmes de
communication;
- Concertation avec le Comité de liaison avec les ONG de
l’UNESCO et, dans la mesure du possible, ses équivalents pour le
Département de l’information et le Conseil économique et social en
vue de mobiliser les ONG internationales;
- Collecte et présentation globale des contributions des
institutions et programmes des Nations Unies au Programme d’action
en faveur d’une culture de la paix;
- Mise au point concertée d’indicateurs pour les huit domaines
d’action en faveur d’une culture de la paix;
- Enfin, poursuite du développement des systèmes d’information
et de communication relatifs au mouvement mondial.
33. En réponse à une demande de l’UNESCO, le Comité
de haut niveau des programmes du Comité administratif de
coordination a appelé tous les organismes des Nations Unies à
désigner des centres de liaison en vue de collaborer avec l’UNESCO à
l’élaboration des indicateurs et des rapports sur l’application du
Programme d’action. En outre, les activités des organismes des
Nations Unies au niveau national seront intégrées dans les systèmes
d’information pour la Décennie décrits ci-dessous (voir par. 53 à
56).
VI. Rôle des organes compétents des Nations Unies, en particulier le Fonds des Nations Unies pour
l’enfance (UNICEF) et l’Université pour la paix
A. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance
34. L’UNICEF qualifie l’éducation pour la paix de «
processus d’amélioration des connaissances, des attitudes et des
valeurs nécessaires pour faire évoluer les comportements de façon
que les enfants, les jeunes et les adultes parviennent à prévenir
les conflits et la violence, tant ouvertement que structurellement;
régler pacifiquement les conflits; et créer les conditions
favorables à la paix, que ce soit sur le plan intrapersonnel,
interpersonnel, intergroupes, national ou international ». L’UNICEF
considère que l’éducation pour la paix est un élément essentiel
d’une éducation de base de qualité dont le contenu, les mécanismes
d’apprentissage et l’environnement didactique concourent à
promouvoir une culture de la paix. Cela correspond également au
souci du Fonds, qui s’efforce d’atteindre les groupes défavorisés et
marginalisés, notamment ceux qui vivent dans un climat de violence,
et qui met l’accent sur les situations antipédagogiques. En outre,
cette approche s’inscrit dans le droit fil du Cadre d’action de
Dakar. L’éducation pour la paix a sa place au sein de toute société
– et pas seulement dans les pays qui font face à des conflits armés
ou à des situations d’urgence. Étant donné qu’il faut du temps pour
modifier durablement les comportements des enfants et des adultes,
l’éducation pour la paix ne peut donc être efficace que comme un
processus à long terme et non comme une intervention de courte
durée. S’il est vrai que les activités en faveur de l’éducation pour
la paix sont souvent menées en milieu scolaire et dans d’autres
contextes d’apprentissage, il faudrait, pour bien faire, que
l’ensemble de la collectivité soit associée à ces efforts.
35. En sa qualité de centre de coordination des
activités d’éducation et de sensibilisation aux dangers des mines
terrestres menées à l’échelle du système des Nations Unies, l’UNICEF
encourage la sensibilisation à la présence et aux dangers des mines
et cherche à enseigner aux enfants et aux parents à vivre plus
sûrement dans les zones minées. Les programmes du Fonds utilisent
également d’autres canaux de communication pour accéder aux enfants,
aux jeunes et aux adultes qui pourraient ne pas être atteints par
les programmes menés en milieu scolaire ou extrascolaire. Parmi les
initiatives prises, on peut notamment citer :
- « La voix des jeunes » : cette activité sur Internet (http://www.unicef.org/) donne aux enfants et aux
jeunes la possibilité de s’informer sur les problèmes de portée
mondiale et, en particulier, sur leur incidence pour les enfants
et les jeunes du monde entier, d’échanger leurs points de vue avec
d’autres et de rechercher des moyens d’agir dans leur propre
milieu. Une des sections de La voix des jeunes sur le site Web est
consacrée aux enfants et à la guerre;
- Programmes télévisés : la campagne « Votez pour la paix »,
lancée en Colombie a incité les citoyens, y compris de nombreux
enfants, à exiger la fin de la violence. Le documentaire «
Soldiers of Peace », qui a été primé, a été diffusé dans le monde
entier par CNN International.
- Promotion de la tolérance au Kosovo : dans le cadre d’un
projet scolaire pilote mené avec l’aide du Gouvernement japonais.
Sur les 10 écoles dans lesquelles la première phase du projet a
été mise en train, cinq sont « hétérogènes », c’est-à-dire
qu’elles regroupent des élèves de plusieurs origines
ethniques.
B. L’Université pour la paix
36. L’Université pour la paix a été créée en
décembre 1980, en vertu de la résolution 35/55 de l’Assemblée
générale, en vue de « doter l’humanité d’un établissement
international d’enseignement supérieur au service de la paix, ayant
pour objectif de favoriser entre tous les êtres humains un esprit de
compréhension, de tolérance et de coexistence pacifique,
d’encourager la coopération entre les peuples et de contribuer à
réduire les obstacles et les menaces à la paix et au progrès dans le
monde, conformément aux nobles aspirations proclamées dans la Charte
des Nations Unies ». Dans le cadre de sa mission, l’Université pour
la paix cultive de vastes domaines du savoir, enseigne et fait des
recherches qui vont des droits de l’homme et du droit international
à la paix et au développement, en passant par les aspects
sexospécifiques de la paix, la sécurité commune, les conséquences
des conflits armés pour les enfants, les médias et la paix, les
conflits et la dégradation du milieu, le relèvement dans le sens de
la paix – y compris la démilitarisation, et la démobilisation et la
réinsertion des anciens combattants – sans oublier le travail
transsectoriel consistant à faire de l’éducation un meilleur
instrument de paix, en éduquant notamment le personnel enseignant.
37. Les activités menées au cours de cette décennie
dans les huit domaines énoncés dans le Programme d’action, en vue de
promouvoir une culture de la paix, sont plus précisément les
suivantes :
a) Renforcement d’une culture de la paix par
l’éducation
38. En vue de promouvoir l’étude des matières
énumérées plus haut, des consultations approfondies ont été
organisées dans le monde entier avec les établissements
d’enseignement et de recherche, les administrations publiques, la
société civile, les fondations et d’autres organismes. En décembre
2000, l’Université pour la paix a organisé à Bangkok, en
collaboration avec l’Université Mahidol, sa première réunion
consultative qui a rassemblé les présidents, vice-présidents,
recteurs et doyens de 35 universités établies dans 20 pays de la
région de l’Asie et du Pacifique. Elle a été l’occasion de
confronter les enseignements tirés des programmes nationaux
consacrés à la paix et au règlement des conflits et d’examiner des
modalités et des stratégies de coopération en matière de recherche,
d’éducation, d’enseignement et de formation dans les domaines de la
prévention des conflits et de la consolidation de la paix.
L’Université pour la paix et l’Université Mahidol ont signé un
mémorandum d’accord prévoyant l’élaboration de programmes conjoints
sur des questions ayant trait au règlement des conflits et à la
consolidation de la paix, et la création d’un centre commun sur le
campus de l’Université Mahidol. En mars 2001, une deuxième réunion
consultative d’éminents spécialistes du monde entier, de hauts
fonctionnaires des Nations Unies et d’autres experts, a été
organisée au Siège de l’ONU; il s’agissait de réfléchir aux
orientations futures du programme d’enseignement en faveur de la
paix de l’Université, de sorte que celle-ci joue le rôle d’un
véritable centre mondial d’information pour l’éducation en matière
de prévention des conflits et de règlement pacifique des différends.
Les participants ont examiné la stratégie institutionnelle de
l’Université pour conclure que celleci pouvait apporter une
contribution importante au niveau international à la réorientation
générale des études consacrées à la paix et aux conflits. Une
troisième réunion consultative a été organisée en juin 2001 au
Tadjikistan, en partenariat avec le Département des affaires
politiques de l’ONU, en vue de poser les bases d’un programme
d’éducation, de formation et de recherche portant sur des questions
ayant trait à la paix en Asie centrale. Une quatrième réunion
consultative rassemblant les recteurs et présidents de 18
universités s’est tenue à Montevideo en août 2001. L’appui aux
objectifs poursuivis par les organismes des Nations Unies est une
considération essentielle dans l’élaboration du programme de
l’Université, en ce qui a trait aux activités en faveur de la paix
et de la sécurité. L’Université peut offrir l’enseignement et la
formation dont le besoin se fait sentir de plus en plus dans des
domaines spécialisés ayant trait à la paix. Elle peut également
mettre pleinement à profit les ressources intellectuelles et
l’expérience de l’ONU. Soucieuses de mieux coordonner leurs
activités et de coopérer davantage, notamment en matière d’éducation
et de diffusion des connaissances sur les questions ayant trait à la
paix, l’Université pour la paix et l’Université des Nations Unies
ont signé un mémorandum d’accord en septembre 2000. L’Université
pour la paix et l’UNESCO sont également en voie de collaborer plus
étroitement comme le montre par exemple la création d’une chaire
UNESCO à l’Université.
b) Promotion du développement économique et social
durable
39. Le Conseil de la Terre, organisation non
gouvernementale indépendante établie au Costa Rica, et l’Université
pour la paix réaliseront ensemble plusieurs activités portant sur
l’environnement et les ressources naturelles. L’Université collabore
aussi avec une organisation apparentée, le Centre international de
médiation pour l’environnement et le développement, établi sur le
campus de l’Université pour la paix. Des cycles courts
d’enseignement sur les ressources naturelles et la prévention des
conflits, d’une part, et sur le développement socioéconomique et la
paix, de l’autre, seront administrés dans les prochains mois.
L’Université dispense également, en collaboration avec la School of
International Service de l’American University de Washington, un
double programme de maîtrise combinant ressources naturelles et
développement durable, qui a démarré en septembre 2001.
c) Promotion du respect des droits de l’homme
40. Le Séminaire d’experts sur les droits de
l’homme et la paix a été organisé à Genève à la demande du Haut
Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, comme le
prévoyait la résolution 2000/66 de la Commission des droits de
l’homme. À l’occasion d’un forum intergouvernemental organisé lors
de la Journée des droits de l’homme en décembre 2000, 30 experts et
spécialistes internationaux ont fait, à propos du rôle des droits de
l’homme dans le développement d’une culture de paix, des
observations et des recommandations qui ont été présentées à la
Commission des droits de l’homme en mars 2001.
d) Promotion de l’égalité entre les femmes et les
hommes
41. En plus de la maîtrise sur les aspects
sexospécifiques de la paix dont le programme est en cours
d’élaboration, l’Université organise un cours de féministique sous
l’angle des situations de conflit. e) Participation à la vie
démocratique
42. Le Gouvernement italien a promis de subventionner
un programme de l’Université visant à promouvoir la paix et à
prévenir les conflits dans la sous-région de l’Amérique centrale.
L’Université et l’Institut international pour la démocratie et
l’assistance électorale ont signé un mémorandum d’accord en août
2001 en vue d’établir un cadre permettant de proposer, de promouvoir
et de mettre en oeuvre des projets bilatéraux et multilatéraux
d’échanges, de consultations, de coopération et d’assistance
techniques auxquels participeront les deux signataires et qui
porteront sur des questions ayant trait à la promotion de la paix,
de la démocratie et des droits de l’homme.
f) Promotion de la compréhension, de la tolérance
et de la solidarité
43. Un projet a également été mis au point en vue
de lancer des activités d’éducation et de recherche dans le domaine
de la paix dans les pays d’Asie centrale, région où la stabilité et
la paix sont menacées. Dans une première étape, une réunion
préparatoire consacrée aux enseignements tirés du processus de paix
mené au Tadjikistan sous les auspices des Nations Unies a été
organisée à Douchanbé les 21 et 22 juin 2001, en collaboration
étroite avec le Département des affaires politiques; y participaient
des universitaires, des experts et des fonctionnaires de la région
et de l’extérieur. Les études et activités conçues et mises en
oeuvre à cette occasion marquent la première phase d’un programme
d’éducation et de recherche en faveur de la paix en Asie centrale.
Les Gouvernements allemand, danois et finlandais ont parrainé la
réunion.
g) Appui à la communication participative et à la
libre circulation de l’information et des connaissances
44. L’importance du rôle que peuvent jouer les
médias dans la réconciliation et le règlement des différends par des
voies pacifiques est évidente. Aussi, le Conseil de l’Université
a-t-il approuvé la création d’un institut des médias et de la paix.
Une réunion préparatoire organisée en avril 2001 a rassemblé des
cadres supérieurs des médias, des experts du relèvement et de la
consolidation de la paix, des formateurs, des chercheurs et des
experts originaires de diverses régions, qui ont fait des
recommandations sur la création de l’institut, prévue sur trois ans.
Une vaste campagne d’appel de fonds a été lancée en vue de mobiliser
les ressources nécessaires pour créer l’institut, qui aura son siège
en Europe.
h) Promotion de la paix et de la sécurité
internationales
45. Dans la ligne des efforts faits par
l’Université pour se créer une audience et mobiliser des appuis dans
la région de l’Asie et du Pacifique, une réunion de haut niveau a
été organisée à Bangkok en juin 2001 à titre non officiel en vue
d’examiner le nouveau rôle joué par l’armée au regard de l’évolution
économique, sociale et écologique, y compris les catastrophes
naturelles. Les responsables militaires de huit pays de l’Asie ont
participé à cette réunion. L’Université pour la paix a conclu un
accord avec l’Institut des hautes études militaires de l’Armée
royale thaïlandaise en vue de mettre au point des programmes
d’éducation et de formation et de mener des travaux de recherche
conjoints. Suite à une décision du Sénat colombien, l’Université
pour la paix a lancé, en collaboration avec le Gouvernement
colombien, une initiative visant à créer un centre mondial de
recherche et de formation en matière de règlement des conflits, qui
aura pour mission : a) de mobiliser l’appui international et
d’apporter des données d’expérience en vue de mettre au point des
activités de formation et de recherche à l’appui de la consolidation
de la paix et du règlement des conflits en Colombie; b) de fournir
un lieu où s’échangent des analyses et s’élaborent de nou- velles
stratégies de consolidation de la paix et de règlement des conflits;
c) de faire connaître le témoignage de la Colombie en matière de
consolidation de la paix et du règlement des conflits, et de
faciliter l’échange de données déjà engagé avec les décideurs, les
administrations publiques et la société civile d’autres pays enlisés
dans des conflits violents.
VII. Diffusion de la Déclaration et du Programme d’action en faveur d’une culture de la paix
46. L’UNESCO prêtera son appui pour que la
Déclaration et le Programme d’action ainsi que les documents
connexes puissent être largement diffusés dans différentes langues
au cours de la Décennie. Dans une lettre qu’il leur a adressée le 29
décembre 2000, le Directeur général de l’UNESCO a sollicité la
collaboration de toutes les commissions nationales de l’UNESCO pour
faire traduire et diffuser dans les langues nationales la
Déclaration et le Programme d’action sur une culture de la paix,
dont le texte était joint à sa lettre. Des réponses ont été reçues
du bureau de l’UNESCO à Sarajevo, qui a traduit les documents et les
ont diffusés en Bosnie-Herzégovine, ainsi que du centre
d’information des Nations Unies et du bureau de l’UNESCO à Moscou,
qui les ont diffusés dans la Fédération de Russie.
VIII. Éducation pour une culture de la paix et de la non-violence
47. Si l’on veut que les enfants soient
véritablement le centre de la Décennie, la stratégie exposée dans le
détail dans le rapport susmentionné du Secrétaire général, met
l’accent sur l’éducation pour une culture de la paix et de la
non-violence, dans le milieu éducatif scolaire et non scolaire et à
tous les niveaux. Elle repose sur la Déclaration et la Convention
sur les droits de l’enfant, l’Acte constitutif de l’UNESCO et le
Cadre d’action de Dakar.
48. L’éducation pour une culture de la paix et de
la non-violence devrait, par sa teneur, promouvoir les
connaissances, savoirs, valeurs, attitudes et comportements
caractéristiques d’une culture de la paix telle que la définissent
les résolutions des Nations Unies. Le Manifeste 2000, qui exprime
ces valeurs dans la langue de tous les jours, sera intégré aux
programmes d’éducation scolaires et non scolaires. En fait, la
définition élargie de la culture de la paix qu’il propose intègre et
prolonge les orientations prioritaires de l’UNESCO depuis sa
création, à savoir l’éducation pour la paix, les droits de l’homme,
la démocratie, la tolérance et la compréhension internationale, mais
aussi le développement durable, la liberté d’expression et l’égalité
entre les hommes et les femmes.
49. Les modalités de l’éducation pour une culture
de la paix et de la non-violence, telles qu’elles sont exposées en
détail dans le rapport du Secrétaire général, portent sur la
formation des éducateurs, l’élaboration et la réforme de programmes,
de matériels pédagogiques et de manuels scolaires, la participation
active des familles et de la communauté, la promotion du pluralisme
linguistique, la mise en réseau des établissements d’enseignement,
le renforcement et l’évaluation des projets pilotes, ainsi que
l’élaboration de méthodes de résolution pacifique des conflits et
des programmes spécialement destinés aux enfants des régions en
conflit.
50. L’UNESCO joue un rôle de premier plan dans
l’éducation pour une culture de la paix et de la nonviolence et
continue de coopérer étroitement avec l’UNICEF, qui a pris part à
l’élaboration du rapport du Secrétaire général. À l’UNESCO, le
Secteur de l’éducation, et en particulier la Division de la
promotion de la qualité de l’éducation, est le fer de lance de
l’éducation pour une culture de la paix et de la nonviolence,
considérée comme l’initiative intersectorielle menée à l’échelle de
l’organisation qui associe tous les secteurs et tous les bureaux
hors siège.
IX. Rôle de la société civile
51. Le rôle que joue la société civile à tous les
niveaux, local, régional et national, est souligné dans la
résolution 55/47. La société civile est invitée à donner plus
d’ampleur aux activités visant à promouvoir une culture de la paix
et de la non-violence, en créant des partenariats et en procédant à
des échanges d’informations qui contribuent à un mouvement mondial
en faveur d’une culture de la paix. Ses éléments, y compris les
organisations non gouvernementales, sont encouragés à contribuer à
la réalisation des objectifs de la Décennie en adoptant leurs
propres programmes d’activités pour compléter les initiatives des
États Membres, des organismes des Nations Unies et des autres
organisations mondiales et régionales.
52. À cet égard, le Colloque des ONG
internationales qui s’est tenu à l’UNESCO les 24 et 25 novembre 2000
sous l’égide du Comité de liaison avec les ONG de l’UNESCO a proposé
pour la Décennie un plan d’activités ambitieux, que les ONG sont
invitées à adopter à leur conférence internationale à la fin de
l’année 2001. Le Comité de liaison de l’UNESCO a pris contact avec
ses homologues du Conseil économique et social et du Département de
l’information à New York pour les associer à l’effort de
mobilisation en faveur de la Décennie.
53. Les relations nouées avec la société civile au
cours de l’Année internationale pour la culture de la paix seront
maintenues, à l’échelon national par l’intermédiaire des centres de
liaison, et à l’échelon international par l’intermédiaire du Comité
de liaison avec les ONG de l’UNESCO et les comités équivalents du
Siège de l’Organisation des Nations Unies. L’ancien système des
accords-cadres de partenariat est abandonné. Les participants au
mouvement mondial seront plutôt invités à échanger, en utilisant les
sites Web indiqués ci-après, l’information relative aux initiatives
qu’ils mènent (aussi bien les manifestations que les projets), et
notamment à en faire un compte rendu et une évaluation, qui
fourniront la substance du rapport à mi-parcours et du rapport final
de la Décennie et du Programme d’action qui seront présentés à
l’Assemblée générale.
X. Rôle des médias et des nouvelles technologies de l’information et de la communication
54. L’action concertée exposée en détail dans le
rapport du Secrétaire général vise à associer les médias à
l’éducation pour une culture de la paix et de la nonviolence. Cette
mesure revêt une grande importance pour les enfants, qui sont
exposés à l’extrême violence et à l’exploitation sexuelle dépeintes
dans la presse, la télévision, le cinéma, les jeux vidéo et
l’Internet. Une attention particulière sera accordée aux initiatives
qui permettent aux jeunes d’analyser et de commenter les productions
médiatiques prônant les principes d’une culture de la paix et de la
non-violence, notamment le réseau CPNN qui regroupe les sites
Internet modérés indiqués ci-après.
55. Les systèmes de communication et de maillage en
réseau mis en place au cours de l’Année internationale seront
maintenus et mis à la disposition de tous les partenaires de la
Décennie afin de leur fournir l’information actualisée sur le
mouvement mondial, qui est indispensable pour renforcer leur prise
de conscience et leur mobilisation. Ainsi, les deux sites Web www.unesco.org/iycp (public) et www.unesco.org/iycptec (privé) sont devenus, après
modification, des sites consacrés au mouvement mondial : www.unesco.org/cp
(public) et www.unesco.org/cptec (privé). Tous ceux qui
oeuvrent pour une culture de la paix sont invités à introduire dans
le système des données sur les activités qu’ils entreprennent en la
matière. Pour obtenir un numéro d’accès à l’Internet, ceux des
organismes qui opèrent au niveau international sont priés de
contacter un département ou un bureau hors siège de l’UNESCO qui
s’occupe de la question, ou un bureau de l’UNESCO ou des Nations
Unies chargé des ONG (pour toutes les ONG associées à l’UNESCO et
aux Nations Unies). Au niveau national, les demandes devraient être
adressées à un centre de liaison national, comme indiqué sur le site
Web (commission nationale pour l’UNESCO, bureau régional de
l’UNESCO, ou bureau de pays des Nations Unies). Le renforcement des
capacités d’utilisation de ces systèmes, tant par les centres de
liaison nationaux (commissions nationales et bureaux hors siège de
l’UNESCO) que par les ONG internationales concernées demeurera une
priorité tout au long de la Décennie.
56. En ce qui concerne l’échange de données
d’expérience « Société planétaire », le système sera encore
davantage développé pour permettre aux partenaires à tous les
niveaux d’entrer l’information relative à leurs projets à long terme
en faveur d’une culture de la paix. Outre un bref descriptif des
activités correspondant à chaque projet, il s’agit de donner des
renseignements sur les ressources générées par chaque projet et
celles qu’il souhaite recevoir des autres – en somme un lieu
d’échanges en ligne pour les initiatives en faveur d’une culture de
la paix.
57. Le système du CPNN sera élargi jusqu’à devenir
un réseau mondial de sites Internet proposant dans de nombreuses
langues une information et des productions médiatiques qui
favorisent activement au moins un des aspects d’une culture de la
paix. Des sites CPNN en anglais, arabe, chinois, espagnol, français,
japonais et russe ont été ouverts, ainsi qu’un site central «
dépositaire » en anglais. L’universalité des messages est ainsi
garantie, chaque partenaire traduisant la documentation dans les
deux sens : vers l’anglais à l’intention du site central, et du site
central vers sa propre langue. Les articles sont rédigés par les
visiteurs des sites avec l’aide de modérateurs qualifiés sur chaque
site, conformément aux « règles du jeu » qui garantissent la qualité
et la responsabilité des contenus. Comme ce fut le cas pendant
l’Année internationale, ces systèmes basés sur l’Internet resteront
couplés avec d’autres médias afin d’atteindre le public le plus
large possible.
XI. Rapports sur la Décennie et sur l’application de la Déclaration et du Programme d’action
58. En tant qu’organisme chef de file de la
Décennie, l’UNESCO a été notamment chargée de passer en revue et
d’évaluer le Programme d’action de la Décennie. Outre le présent
rapport, deux autres rapports seront soumis à l’Assemblée générale :
un rapport à miparcours concernant la mise en oeuvre de la
Déclaration et du Programme d’action sur une culture de la paix et
couvrant les activités de tous les partenaires concernés, qui sera
présenté, comme demandé dans la résolution 55/47, à la soixantième
session de l’Assemblée en 2005; et un rapport similaire, qui devrait
être soumis en 2010, à la fin de la Décennie.
59. Dans la phase initiale de ce processus, l’UNESCO s’efforcera de définir, à partir
des données disponibles, statistiques et autres, des indicateurs
couvrant le Programme d’action utilisables par tous les
protagonistes pour élaborer le rapport d’activité à miparcours. Ces
indicateurs, qui s’appuieront sur les données fournies par
l’Institut de statistique de l’UNESCO, les instituts et universités
et les organismes compétents des Nations Unies, devront refléter les
résultats des activités entreprises dans le cadre du mouvement
mondial. Les indicateurs ainsi définis seront transmis aux centres
de liaison nationaux (commissions nationales et bureaux hors siège
de l’Organisation des Nations Unies et de l’UNESCO), ainsi qu’aux
ONG internationales.
60. L’élaboration des indicateurs du Programme
d’action sur une culture de la paix doit être un processus dynamique
et prospectif. Le concept relativement neuf de la culture de la paix
ne cesse d’évoluer en fonction des activités engagées et des
enseignements tirés de l’expérience, Par conséquent, les divers
partenaires du mouvement mondial pour une culture de la paix seront
encouragés à contribuer pleinement à l’établissement des rapports
destinés à l’Assemblée
générale.